{"id":1101,"date":"2011-07-06T12:56:50","date_gmt":"2011-07-06T16:56:50","guid":{"rendered":"http:\/\/agoratheque.yprovencal.ep.profweb.qc.ca\/?page_id=1101"},"modified":"2011-07-06T14:54:19","modified_gmt":"2011-07-06T18:54:19","slug":"%c2%a7-32-le-peche-originel","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1101","title":{"rendered":"\u00a7 32   Le p\u00e9ch\u00e9 originel"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>On s\u2019\u00e9tonne parfois qu\u2019on ait pu vouloir culpabiliser \u00ab\u00a0jusqu\u2019aux petits enfants dans le ventre de leur m\u00e8re <a id=\"ref-1\" href=\"#note-1\"><sup>1<\/sup><\/a>\u00bb. Cette interpr\u00e9tation du p\u00e9ch\u00e9 originel, qui r\u00e9sulte de la lecture de la Gen\u00e8se par saint Augustin, est rejet\u00e9e par la plupart des croyants modernes. On y verrait plut\u00f4t, par exemple, une sp\u00e9culation abstraite bas\u00e9e sur un faux savoir <a id=\"ref-2\" href=\"#note-2\"><sup>2<\/sup><\/a>. Cependant, on peut y voir aussi l\u2019expression d\u2019une vis\u00e9e implicite qui est d\u2019ordre politico-religieux. De plus, il y appara\u00eet une fausse conception du Dieu cr\u00e9ateur et bon, qui se trouve confondu avec une d\u00e9it\u00e9 collective plut\u00f4t violente.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>De nos jours, on critique l\u2019id\u00e9e de p\u00e9ch\u00e9 originel. Certains estiment qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une conception absurde. D\u2019autres, au contraire, tentent de lui trouver un sens profond. La plupart des croyants, semble-t-il, continuent de trouver correct qu\u2019un Dieu cr\u00e9ateur pr\u00e9tende ch\u00e2tier ses propres cr\u00e9atures ainsi qu\u2019il le fait dans le r\u00e9cit biblique de la chute. Par exemple, Guy Labou\u00e9rie croit que, dans la Gen\u00e8se, \u00ab\u00a0c\u2019est un Dieu de tendresse et d\u2019amour qui se d\u00e9voile\u00a0\u00bb et m\u00eame que dans ce Dieu \u00ab\u00a0on ne trouve qu\u2019amour, tendresse et respect de l\u2019homme et de sa libert\u00e9 <a id=\"ref-3\" href=\"#note-3\"><sup>3<\/sup><\/a>\u00bb. Ce langage est excessif. Le Dieu de la Gen\u00e8se repr\u00e9sente bien une am\u00e9lioration par rapport \u00e0 d\u2019autres r\u00e9cits mythiques, mais il demeure un Dieu violent.\u00a0<\/p>\n<p><em>Appr\u00e9ciations diverses \u00a0du r\u00e9cit de la Gen\u00e8se<\/em>\u00a0<\/p>\n<p>Francis Jeanson fait une critique passionn\u00e9e du Dieu de la Gen\u00e8se. Il critique l\u2019acte m\u00eame de la cr\u00e9ation par un Dieu qu\u2019on pr\u00e9sente ensuite comme magnanime et mis\u00e9ricordieux envers ses cr\u00e9atures. Le plus difficile, \u00e9crit-il, est d\u2019\u00ab\u00a0accepter d\u2019\u00eatre <em>pardonn\u00e9<\/em> par un Dieu qu\u2019on me pr\u00e9sente comme mon Cr\u00e9ateur. S\u2019il m\u2019a cr\u00e9\u00e9, je ne vois gu\u00e8re que lui qui puisse avoir \u00e0 s\u2019en faire pardonner <a id=\"ref-4\" href=\"#note-4\"><sup>4<\/sup><\/a>\u00bb. \u00a0Ce discours contredit \u00e9videmment celui de la tradition. Jadis, on aurait accus\u00e9 son auteur de blasph\u00e8me et, de nos jours, certains le taxeraient d\u2019intol\u00e9rance. Jeanson ne se laisse pas intimider par une telle perspective\u00a0: \u00ab\u00a0 Qu\u2019on me dise ce qu\u2019on voudra, et par exemple que j\u2019insulte ce P\u00e8re qui, dans son immense bont\u00e9, consent \u00e0 accueillir de nouveau tous ses enfants perdus\u00a0: je r\u00e9pondrai qu\u2019il e\u00fbt mieux fait de ne pas commencer par <em>les perdre <a id=\"ref-5\" href=\"#note-5\"><sup>5<\/sup><\/a><\/em>\u00bb. Jeanson explique aussit\u00f4t qu\u2019il ne veut pas insulter ses \u00ab\u00a0fr\u00e8res, chr\u00e9tiens\u00a0\u00bb. C\u2019est Dieu qu\u2019il vise, pas eux.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Comme Jeanson se consid\u00e8re comme un ath\u00e9e, son lecteur peut en d\u00e9duire qu\u2019il s\u2019en prend en fait \u00e0 la repr\u00e9sentation de la divinit\u00e9. Il projette sa sensibilit\u00e9 de moderne lorsqu\u2019il \u00e9crit, en faisant allusion \u00e0 l\u2019interdit divin de manger de l\u2019arbre de la connaissance\u00a0: \u00ab\u00a0Ou bien Adam et \u00c8ve n\u2019\u00e9taient des \u201c\u00a0cr\u00e9atures\u00a0\u201d qu\u2019au sens le plus p\u00e9joratif de ce terme, ce qui suffirait \u00e0 juger leur Cr\u00e9ateur\u00a0; ou bien ils avaient \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9s libres, et ils eussent reni\u00e9 leur libert\u00e9 en ne relevant point cet extravagant d\u00e9fi <a id=\"ref-6\" href=\"#note-6\"><sup>6<\/sup><\/a>\u00bb. Et, bien que Jeanson laisse voir parfois une certaine estime du personnage de J\u00e9sus, il ne peut \u00e9viter de poursuivre sa diatribe \u00e0 son sujet. \u00ab\u00a0Vous dites, \u00e9crit-il, que J\u00e9sus est venu pour nous d\u00e9livrer du P\u00e9ch\u00e9\u00a0: quelle \u00e9trange tentation \u00e9prouvez-vous donc de nous replonger tout de m\u00eame dans cette pourriture de la culpabilit\u00e9 [\u2026]\u00a0?\u00a0\u00bb. Et Jeanson conclut ici en affirmant que ce Dieu <em>m\u00e9prise<\/em> l\u2019homme <a id=\"ref-7\" href=\"#note-7\"><sup>7<\/sup><\/a>.\u00a0<\/p>\n<p>Ainsi que l\u2019exprime Marie-Fr\u00e9d\u00e9rique Pellegrin \u00e0 propos du premier homme, \u00ab\u00a0il est difficile de savoir pourquoi un homme heureux, vivant aupr\u00e8s de son Dieu, d\u00e9cide librement de le trahir et pourquoi ce Dieu, d\u00e9crit comme bon, le laisse faire <a id=\"ref-8\" href=\"#note-8\"><sup>8<\/sup><\/a>\u00bb. En effet, et cela appara\u00eet, qu\u2019on le veuille ou non, comme une sorte de pi\u00e8ge, un pi\u00e8ge tendu \u00e0 ses na\u00efves cr\u00e9atures. \u00c8ve d\u2019abord, puis Adam, se laissent litt\u00e9ralement m\u00e9duser. Ils ne comprennent pas bien ce qui leur arrive. Ils n\u2019ont aucune id\u00e9e de ce qu\u2019est cet arbre et de la raison pour laquelle il leur est interdit d\u2019en manger. Ils ignorent tout, \u00e9galement, du \u00ab\u00a0serpent\u00a0\u00bb, qui ne sort de nulle part. Le r\u00e9cit dit m\u00eame qu\u2019\u00e0 un certain moment, ils s\u2019aper\u00e7oivent qu\u2019ils sont nus et qu\u2019ils en ont honte. Le lecteur moderne peut-il croire qu\u2019ils sont <em>libres<\/em>\u00a0? Ils ne sont libres que de faire erreur, que de prendre une mauvaise d\u00e9cision sans savoir qu\u2019elle est mauvaise et sans comprendre pourquoi elle l\u2019est. Comment peut-on comprendre qu\u2019un Dieu \u00ab\u00a0bon\u00a0\u00bb ait pu les juger <em>coupables<\/em> de quoi que ce soit\u00a0? L\u00e0-dessus, les critiques du moderne sceptique \u2014 comme Jeanson \u2014 semblent tout \u00e0 fait pertinentes.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Quant aux expressions d\u2019un Labou\u00e9rie, elles rel\u00e8vent en bonne partie, encore, de la langue de bois. Labou\u00e9rie \u00ab\u00a0oublie\u00a0\u00bb la responsabilit\u00e9 divine dans l\u2019affaire. Lorsqu\u2019il affirme m\u00eame que, dans ce Dieu, \u00ab\u00a0on ne trouve qu\u2019amour, tendresse et respect de l\u2019homme et de sa libert\u00e9\u00a0\u00bb, il nous faut bien l\u2019admettre, c\u2019est l\u2019aveuglement de cet auteur qui devrait sauter aux yeux de quiconque. Mais quels sont donc les motifs qui peuvent inciter les humains \u00e0 se culpabiliser m\u00eame lorsque, en raison de leur ignorance ou de leur na\u00efvet\u00e9, ils ne sont aucunement responsables ou qu\u2019ils n\u2019ont qu\u2019une faible part de responsabilit\u00e9\u00a0?\u00a0<\/p>\n<p><em>L\u2019utilit\u00e9 de la culpabilisation<\/em>\u00a0<\/p>\n<p>Le discours sur le p\u00e9ch\u00e9 originel appara\u00eet comme r\u00e9sultant d\u2019un \u00ab\u00a0mythe rationalis\u00e9 <a id=\"ref-9\" href=\"#note-9\"><sup>9<\/sup><\/a>\u00bb. La th\u00e8se du p\u00e9ch\u00e9 originel est, d\u2019un point de vue de moderne, tr\u00e8s faiblement argument\u00e9e et comporte des contradictions logiques. Cependant \u2014 nous le savons \u2014, cela n\u2019a nullement emp\u00each\u00e9 ce discours de jouer un r\u00f4le de r\u00e9f\u00e9rence importante. Il r\u00e9sulte en partie de la langue de bois de croyants qui, de fa\u00e7on plus ou moins consciente, cherchent de cette fa\u00e7on \u00e0 prot\u00e9ger leurs lois et, donc, leur groupe. En fait, il est possible de montrer que ce discours de r\u00e9f\u00e9rence a servi au groupe \u00e0 se maintenir, en lui permettant de justifier ses lois et de limiter la d\u00e9fection de ses membres.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>La logique implicite est la suivante. Il est utile que le membre \u00e9prouve un fort sentiment de culpabilit\u00e9 \u00e0 l\u2019id\u00e9e des erreurs qu\u2019il a faites. \u00a0Il est utile aussi qu\u2019il se sente coupable m\u00eame s\u2019il n\u2019en comprend pas la raison. Il est m\u00eame utile qu\u2019il se sente coupable d\u2019avance, avant qu\u2019il ait fait une erreur ou qu\u2019il ait transgress\u00e9 une loi. En effet, s\u2019il n\u2019en \u00e9tait pas ainsi, le membre n\u2019\u00e9prouverait pas de remords \u00e0 l\u2019id\u00e9e de transgresser une loi qu\u2019il ne comprend pas ou qui ne para\u00eet pas le concerner. Il est en outre susceptible de se rel\u00e2cher vis-\u00e0-vis de son groupe, de se laisser aller \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019abandonner ses croyances dans le Dieu du groupe et dans la loi du groupe, voire de se laisser aller \u00e0 l\u2019id\u00e9e de quitter ce groupe pour un autre. En entretenant le sentiment d\u2019une faute coupable, on rendait le membre en quelque sorte endett\u00e9 envers la divinit\u00e9 qui, dans ce cas, \u00e9quivalait \u00e0 la d\u00e9it\u00e9 du groupe.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>En fait, l\u2019auto-culpabilisation appara\u00eet comme un substitut \u00e0 la compr\u00e9hension de sa responsabilit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire de ce en quoi sa responsabilit\u00e9 consiste r\u00e9ellement. Il est plus facile de faire accepter l\u2019id\u00e9e qu\u2019on est coupable et qu\u2019on m\u00e9rite une sanction, et de faire apprendre ainsi les lois, que de faire comprendre la complexit\u00e9 de la responsabilit\u00e9, y compris de la fa\u00e7on dont elle se r\u00e9partit entre les individus. En somme, il est plus facile et plus utile de saturer les esprits de fausses croyances que de tenter de justifier le bien-fond\u00e9 des lois. En ce sens, la culpabilit\u00e9 a tenu lieu d\u2019une sorte de responsabilit\u00e9 primitive. Elle \u00e9tait efficace, donc fond\u00e9e d\u2019apr\u00e8s les effets obtenus. Et il en r\u00e9sultait logiquement que l\u2019homme r\u00e9put\u00e9 responsable \u00e9tait celui qui admettait l\u2019id\u00e9e de culpabilit\u00e9, y compris celle de p\u00e9ch\u00e9 originel.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cependant, il est tr\u00e8s douteux qu\u2019un \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb Dieu cr\u00e9ateur, par contraste avec la d\u00e9it\u00e9 du groupe, culpabilise les humains pour des raisons d\u2019utilit\u00e9 sociale. L\u2019image augustinienne du Dieu qui consid\u00e8re ses enfants comme \u00ab\u00a0endett\u00e9s\u00a0\u00bb envers lui et qui\u00a0choisit selon son bon plaisir ceux qu\u2019il \u00ab\u00a0\u00e9lit\u00a0\u00bb et ceux qu\u2019il \u00ab\u00a0damne\u00a0\u00bb n\u2019est pas compatible avec l\u2019id\u00e9e d\u2019un \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb Dieu cr\u00e9ateur et bon. On verrait d\u2019ailleurs mal un p\u00e8re, ou une m\u00e8re, qui diraient aimer leurs enfants, se conduire de la sorte avec eux <a id=\"ref-10\" href=\"#note-10\"><sup>10<\/sup><\/a>.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><em>Augustin, P\u00e9lage et la gnose<\/em>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Au moment o\u00f9 il \u00e9non\u00e7a sa doctrine du p\u00e9ch\u00e9 originel, Augustin \u00e9tait anim\u00e9 d\u2019une forte motivation politico-religieuse. Son \u00c9glise \u00e9tait en effet en lutte contre plusieurs h\u00e9r\u00e9sies. Augustin a d\u00fb combattre l\u2019influence du groupe des p\u00e9lagiens et celles de plusieurs groupes gnostiques. Le concept de p\u00e9ch\u00e9 originel \u00e9tait \u00e0 la fois dirig\u00e9 contre la doctrine de P\u00e9lage et contre celle des gnostiques <a id=\"ref-11\" href=\"#note-11\"><sup>11<\/sup><\/a>. Il r\u00e9sulte des d\u00e9formations inh\u00e9rentes \u00e0 toute pol\u00e9mique et \u00e0 tout conflit entre groupes. Il faut donc comprendre qu\u2019Augustin ne se souciait pas seulement de trouver un juste milieu\u00a0entre les exc\u00e8s contraires qu\u2019il voyait dans les h\u00e9r\u00e9sies, mais qu\u2019il tentait surtout de d\u00e9fendre son groupe, qui \u00e9tait l\u2019\u00c9glise catholique romaine.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>La doctrine du p\u00e9ch\u00e9 originel \u00e9tait en grande partie formul\u00e9e dans le but d\u2019\u00e9viter d\u2019avoir \u00e0 reconna\u00eetre que des non-membres de son groupe, puissent \u00eatre justifi\u00e9s autant ou davantage que les membres eux-m\u00eames. Une strat\u00e9gie qui allait s\u2019av\u00e9rer efficace \u00e9tait de pr\u00e9tendre \u00ab\u00a0d\u00e9montrer\u00a0\u00bb, r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019appui, que les doctrines des adversaires \u00e9taient fausses et, pourquoi pas, impies et mensong\u00e8res, et m\u00eame que, quel que soit l\u2019adversaire, il devait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant d\u2019avance non \u00e9clair\u00e9 et non justifi\u00e9. Ce type d\u2019affirmation peu rationnel en soi aura \u00e9t\u00e9 finalement \u00ab\u00a0rationnel\u00a0\u00bb, en un certain sens de ce mot, du fait de son utilit\u00e9 pour la survie du groupe, pour son expansion et pour le maintien du contr\u00f4le sur les textes de r\u00e9f\u00e9rence.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comme le p\u00e9ch\u00e9 originel se comprend en conjugaison avec la gr\u00e2ce divine, le groupe d\u00e9tenteur du pouvoir r\u00e9f\u00e9rentiel \u00e9tait favoris\u00e9 parce qu\u2019il pouvait pr\u00e9tendre que c\u2019\u00e9tait par la gr\u00e2ce divine qu\u2019il \u00e9tait le d\u00e9positaire et le gardien des textes sacr\u00e9s. Il pouvait m\u00eame s\u2019auto-confirmer comme seul possesseur de la v\u00e9rit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la publication d\u2019autres textes qui feraient \u00e9galement autorit\u00e9.<\/p>\n<div><a title=\"\u00a7 33 L\u2019amour et l\u2019amiti\u00e9 de Dieu ?\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1109\">Suite<\/a><\/div>\n<div id=\"ftn1\">\n<p><a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a>\u00a0Voir Paul Ricoeur, \u00ab\u00a0Le \u201cp\u00e9ch\u00e9 originel\u201d. \u00c9tude de signification\u00a0\u00bb, dans <em>Le conflit des interpr\u00e9tations. Essais d\u2019herm\u00e9neutique<\/em>, Paris, Seuil, 1969, p. 265. Ricoeur a retrouv\u00e9 cette conception du p\u00e9ch\u00e9 originel dans la <em>Confession<\/em><em> de foi de la Rochelle<\/em> (article 9), r\u00e9dig\u00e9e par d\u2019anciens protestants fran\u00e7ais. <a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p><a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a>\u00a0C\u2019est le cas de Paul Ricoeur (<em>ibid<\/em>.). <a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p><a id=\"note-3\" href=\"#ref-3\">3<\/a>\u00a0Guy Labou\u00e9rie, <em>Dieu de violence ou Dieu de tendresse? Une lecture de la Bible<\/em>, Paris, Cerf, 1992, p. 27-29. <a id=\"note-3\" href=\"#ref-3\">3<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p><a id=\"note-4\" href=\"#ref-4\">4<\/a>\u00a0Francis Jeanson, <em>La foi d\u2019un incroyant<\/em>, Paris, Seuil, 1963, p. 102. <a id=\"note-4\" href=\"#ref-4\">4<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn5\">\n<p><a id=\"note-5\" href=\"#ref-5\">5<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>. <a id=\"note-5\" href=\"#ref-5\">5<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn6\">\n<p><a id=\"note-6\" href=\"#ref-6\">6<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>., p. 103. <a id=\"note-6\" href=\"#ref-6\">6<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn7\">\n<p><a id=\"note-7\" href=\"#ref-7\">7<\/a>\u00a0<em>Ibid<\/em>., p. 103-104. <a id=\"note-7\" href=\"#ref-7\">7<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn8\">\n<p><a id=\"note-8\" href=\"#ref-8\">8<\/a>\u00a0Marie-Fr\u00e9d\u00e9rique Pellegrin, <em>Dieu<\/em>, Paris, <em>op. cit.<\/em>, p. 44. Elle n\u2019essaie pas de tirer au clair en quoi consistait cette libert\u00e9\u00a0du premier homme. <a id=\"note-8\" href=\"#ref-8\">8<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn9\">\n<p><a id=\"note-9\" href=\"#ref-9\">9<\/a>\u00a0Paul Ricoeur, <em>Le mal. Un d\u00e9fi \u00e0 la philosophie et \u00e0 la th\u00e9ologie<\/em>, Gen\u00e8ve, Labor et Fides, Centre Protestant d\u2019\u00c9tude, 1986, p. 25. Ricoeur \u00e9crit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0la notion de p\u00e9ch\u00e9 originel appara\u00eet comme un faux concept \u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0la forme du discours de la gnose [y] est reconstitu\u00e9e\u00a0\u00bb. <a id=\"note-9\" href=\"#ref-9\">9<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn10\">\n<p><a id=\"note-10\" href=\"#ref-10\">10<\/a> Toutefois, l\u2019id\u00e9e d\u2019Augustin \u00e9tait peut-\u00eatre assez conforme \u00e0 celle du p\u00e8re antique \u2014 le <em>paterfamilias<\/em> \u2014 qui avait un droit de vie ou de mort sur ses enfants. <a id=\"note-10\" href=\"#ref-10\">10<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn11\">\n<p><a id=\"note-11\" href=\"#ref-11\">11<\/a>\u00a0Paul Ricoeur a tent\u00e9 de montrer que \u00ab\u00a0le concept de p\u00e9ch\u00e9 originel \u00e9tait anti-gnostique dans son fond, mais quasi gnostique dans son \u00e9nonc\u00e9\u00a0\u00bb (<em>ibid<\/em>., p. 267). Ce concept, qui \u00e9tait \u00e0 la fois pol\u00e9mique et apolog\u00e9tique, signifiait, contre la gnose, que le mal n\u2019est rien en soi, qu\u2019il est de nous, qui avons faut\u00e9 contre Dieu et, contre P\u00e9lage, que notre faute n\u2019est pas intentionnelle (cf. <em>ibid<\/em>., p. 268). Ricoeur pr\u00e9cise qu\u2019il ne veut pas faire un travail d\u2019historien, mais qu\u2019il veut faire \u00ab\u00a0une herm\u00e9neutique du soi-disant dogme du p\u00e9ch\u00e9 originel\u00a0\u00bb dans le prolongement de la \u00ab\u00a0Symbolique du mal\u00a0\u00bb (<em>ibid<\/em>.).\u00a0<a id=\"note-11\" href=\"#ref-11\">11<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"edit-link\"><a class=\"post-edit-link\" href=\"\">modifier<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On s\u2019\u00e9tonne parfois qu\u2019on ait pu vouloir culpabiliser \u00ab\u00a0jusqu\u2019aux petits enfants dans le ventre de leur m\u00e8re 1\u00bb. Cette interpr\u00e9tation du p\u00e9ch\u00e9 originel, qui r\u00e9sulte de la lecture de la Gen\u00e8se par saint Augustin, est rejet\u00e9e par la plupart des croyants modernes. 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