{"id":1624,"date":"2011-07-25T09:09:36","date_gmt":"2011-07-25T13:09:36","guid":{"rendered":"http:\/\/agoratheque.yprovencal.ep.profweb.qc.ca\/?page_id=1624"},"modified":"2011-09-15T08:03:18","modified_gmt":"2011-09-15T12:03:18","slug":"1-2-une-evolution-globale","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1624","title":{"rendered":"1.2 Une \u00e9volution globale"},"content":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les scientifiques reconnaissent aujourd\u2019hui comme un fait que la vie sur Terre a \u00e9volu\u00e9 et, en outre, que l\u2019Univers a lui-m\u00eame \u00e9volu\u00e9, selon d\u2019autres lois, depuis son origine. Une th\u00e9orie globale de l\u2019\u00e9volution doit d\u2019abord permettre de r\u00e9unir ces deux types d\u2019\u00e9volution naturelle. Cependant un autre fait, \u00e0 premi\u00e8re vue d\u2019une tout autre nature, est que la science a \u00e9volu\u00e9 dans l\u2019histoire et qu\u2019elle \u00e9volue encore. Elle tend \u00e0 \u00e9largir ses champs de recherche et \u00e0 raffermir la rigueur de ses concepts. Elle tend aussi, en principe, \u00e0 mieux comprendre la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 mieux se comprendre elle-m\u00eame. Telle que comprise ici, l\u2019id\u00e9e d\u2019une th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9volution consiste en une synth\u00e8se coh\u00e9rente de ces diff\u00e9rents types d\u2019\u00e9volution afin de les rassembler en une seule th\u00e9orie. Envisager l\u2019\u00e9volution globale consistera donc \u00e0 globaliser th\u00e9oriquement l\u2019\u00e9volution et \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir cette \u00e9volution en lui incorporant m\u00eame notre science actuelle.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019\u00e9tablissement d\u2019une telle th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9volution d\u00e9borde \u00e9videmment de plusieurs fa\u00e7ons le cadre normal de la recherche scientifique telle qu\u2019elle est pratiqu\u00e9e actuellement. Dans un tel contexte, ce projet s\u2019inscrirait au mieux dans le domaine des sp\u00e9culations philosophiques, voire th\u00e9ologique. L\u2019un des buts de cet ouvrage est n\u00e9anmoins de poser quelques-uns des premiers jalons qui permettront \u00e0 une telle th\u00e9orie de s\u2019inscrire logiquement dans le champ de la recherche scientifique. Une entreprise aussi ambitieuse se heurte \u00e0 des obstacles de taille, qu\u2019il nous faudra tenter de surmonter par une ouverture intellectuelle particuli\u00e8re, aussi bien en ce qui concerne nos th\u00e9ories scientifiques, leurs rapports mutuels que la conception m\u00eame qu\u2019on se fait de la recherche. Aussi ne sera-t-il pas question de conduire ici ce projet \u00e0 un \u00e9tat m\u00eame partiel d\u2019ach\u00e8vement. Il s\u2019agit plut\u00f4t de proposer quelques nouveaux concepts et principes, de m\u00eame que certaines hypoth\u00e8ses, susceptibles de constituer les bases possibles d\u2019une telle th\u00e9orie. D\u00e9crivons quelques-uns des principaux obstacles auxquels un tel projet para\u00eet d\u2019abord se heurter, puis voyons quels concepts peuvent permettre de les surmonter.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019\u00e9tat actuel de sp\u00e9cialisation des disciplines scientifiques appara\u00eet d\u2019embl\u00e9e comme l\u2019un des pires obstacles. L\u2019av\u00e8nement d\u2019une telle th\u00e9orie g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019\u00e9volution concerne en fait plusieurs domaines de recherche qui n\u2019ont pas clairement pour principe de s\u2019effectuer de fa\u00e7on int\u00e9gr\u00e9e. La physique, la biologie et les sciences cognitives, de m\u00eame que la philosophie des sciences sont toutes en fait concern\u00e9es par un tel projet. Ce type de difficult\u00e9 ne semble gu\u00e8re susceptible d\u2019\u00eatre surmont\u00e9 que par un profond renouvellement de notre conception m\u00eame de la science et, plus g\u00e9n\u00e9ralement, de la recherche de nature rationnelle. La sp\u00e9cialisation a servi jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent surtout \u00e0 laisser les coud\u00e9es franches aux diff\u00e9rents sp\u00e9cialistes. Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, ceux-ci ont pu presque en vase clos et opaque fonctionner de fa\u00e7on f\u00e9conde. Il faudra, toutefois, in\u00e9vitablement surmonter ces isolements et ce, d\u2019apr\u00e8s les principes m\u00eames qui sont, ou devraient \u00eatre, aux fondements de ces champs disciplinaires respectifs.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019id\u00e9e d\u2019une science sans s\u00e9paration disciplinaire de principe doit ici nous guider de fa\u00e7on que les sp\u00e9cialistes soient en mesure de poursuivre une d\u00e9marche digne de l\u2019id\u00e9e de la science, qui vise d\u2019abord la compr\u00e9hension du r\u00e9el et ce, de fa\u00e7on coh\u00e9rente et sans s\u00e9paration arbitraire. En pratique, cela signifiera qu\u2019en plus du concept d\u2019\u00e9volution globale, de nouveaux concepts devront avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis qui ne rel\u00e8vent d\u2019aucune discipline en particulier \u2212 ni la physique, ni la biologie, ni l\u2019\u00e9pist\u00e9mologie, etc.\u2212 mais qui en concernent plusieurs \u00e0 la fois, selon une d\u00e9marche qualifiable d\u2019adisciplinaire. Il s\u2019agira notamment des concepts de mod\u00e8le embryonnaire et de potentiel r\u00e9el, qui seront d\u00e9finis dans cette introduction. En outre, se trouve \u00e9nonc\u00e9 dans l\u2019introduction un principe de coh\u00e9rence qui concerne toutes les disciplines de la recherche \u00e0 la fois et peut pour cette raison \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme adisciplinaire.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Un deuxi\u00e8me obstacle d\u00e9coule du premier. Il n\u2019existe actuellement qu\u2019une th\u00e9orie scientifique dite de l\u2019\u00e9volution. Il s\u2019agit bien s\u00fbr de la th\u00e9orie biologique de l\u2019\u00e9volution qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9e \u00e0 partir du darwinisme. La s\u00e9lection naturelle darwinienne est le principe de base qui explique l\u2019\u00e9volution de la vie sur Terre. Toutefois, cette th\u00e9orie n\u2019explique pas compl\u00e8tement l\u2019\u00e9volution. Non seulement elle n\u2019explique que la part biologique de l\u2019\u00e9volution, mais elle le fait de fa\u00e7on partielle, en laissant dans l\u2019ombre plusieurs aspects importants de cette \u00e9volution. Les chercheurs qui se basent sur cette th\u00e9orie ont recours au hasard afin de combler les vides. Nous verrons que le concept de hasard est utilis\u00e9 dans cette th\u00e9orie de fa\u00e7on <em>ad hoc<\/em> et qu\u2019il est peu coh\u00e9rent avec les principes de la physique. Un regard global (ou adisciplinaire) permet de mettre en \u00e9vidence de\u00a0s\u00e9rieuses lacunes. Le principe explicatif de la s\u00e9lection naturelle appara\u00eetra comme une contrainte incontournable mais tout \u00e0 fait insuffisante si on tente de comprendre l\u2019\u00e9volution globalement.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Un troisi\u00e8me obstacle d\u00e9coule d\u2019une certaine fa\u00e7on des deux obstacles pr\u00e9c\u00e9dents. La science actuelle, telle qu\u2019elle est comprise par les chercheurs, comporte une incoh\u00e9rence de taille. Il s\u2019agit de l\u2019incoh\u00e9rence, voire de la contradiction, entre la r\u00e9alit\u00e9 de la science elle-m\u00eame et la repr\u00e9sentation que celle-ci offre de la r\u00e9alit\u00e9. La r\u00e9alit\u00e9 de la recherche scientifique est \u00e9videmment bien connue, ou du moins bien ressentie, par le chercheur, non seulement dans sa pratique mais aussi dans la fa\u00e7on m\u00eame dont il saisit ce qu\u2019est ou devrait \u00eatre la recherche. En principe, le scientifique doit pouvoir effectuer ses recherches sans pr\u00e9jug\u00e9 et sans entrave. Bref, il doit faire cette recherche librement<a id=\"ref-1\" href=\"#note-1\"><sup>1<\/sup><\/a>. S\u2019il lui apparaissait que sa d\u00e9marche de recherche est influenc\u00e9e par des pr\u00e9jug\u00e9s ou par des contraintes mat\u00e9rielles non d\u2019abord prises en compte, il devrait conclure au malentendu ou \u00e0 la m\u00e9prise et reprendre sa d\u00e9marche de fa\u00e7on \u00e0 l\u2019affranchir de ce qui l\u2019entache d\u2019erreur. Or, la repr\u00e9sentation de la r\u00e9alit\u00e9 que la science a \u00e9tablie ne comporte aucune libert\u00e9 de ce type.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0<strong><em>La repr\u00e9sentation scientifique actuelle du chercheur<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u2019apr\u00e8s la science biologique actuelle, le chercheur est un repr\u00e9sentant de l\u2019esp\u00e8ce humaine, laquelle se trouve caract\u00e9ris\u00e9e par un g\u00e9nome, c\u2019est-\u00e0-dire une mol\u00e9cule complexe, qui interagit avec d\u2019autres mol\u00e9cules. D\u2019apr\u00e8s la science physique actuelle, les mol\u00e9cules sont constitu\u00e9es d\u2019atomes et, donc, de particules \u00e9l\u00e9mentaires. Les \u00e9tats et les mouvements de ces particules sont d\u00e9termin\u00e9s par les lois physiques de base, qui gouvernent tout ce qui existe dans cet Univers. En somme, alors que la recherche est comprise comme devant \u00eatre libre, ce qui r\u00e9sulte de la recherche repr\u00e9sente toute r\u00e9alit\u00e9 comme \u00e9tant soumise au d\u00e9terminisme de base<a id=\"ref-2\" href=\"#note-2\"><sup>2<\/sup><\/a>. Comme on ignore de quelle fa\u00e7on pr\u00e9cise l\u2019humain et en particulier son cerveau sont ainsi d\u00e9termin\u00e9s, il n\u2019est scientifiquement pas plausible d\u2019affirmer que l\u2019humain est libre<a id=\"ref-3\" href=\"#note-3\"><sup>3<\/sup><\/a>.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La repr\u00e9sentation scientifique comporte aussi une contradiction entre sa repr\u00e9sentation du temps physique et le temps de la recherche scientifique. Dans la repr\u00e9sentation du temps de l\u2019univers mat\u00e9riel, selon la th\u00e9orie de la relativit\u00e9 et, donc, selon les mod\u00e8les cosmologiques qui se basent sur cette th\u00e9orie, il n\u2019y a rien de tel que le moment <em>pr\u00e9sent<\/em>, compris comme la limite universelle entre un pass\u00e9 universel et un futur universel. Cela para\u00eet d\u2019embl\u00e9e incompatible avec le temps de la recherche. Celle-ci comporte \u00e9videmment un pass\u00e9 r\u00e9el, constitu\u00e9 des acquis de la science, un pr\u00e9sent, qui est l\u2019\u00e9tat effectif de la recherche actuelle, et un futur qui comporte la r\u00e9alisation des projets de recherche. Le scientifique peut-il, ou doit-il, s\u2019accommoder d\u2019une telle incoh\u00e9rence\u00a0? Si, en pratique, il semble bien que ce soit le cas, pourra-t-il supporter une telle situation ind\u00e9finiment\u00a0? Nous supposerons ici que la r\u00e9ponse \u00e0 ces questions doit \u00eatre n\u00e9gative. Nous tenterons de montrer qu\u2019il est possible, sur la base des lois scientifiques les plus fondamentales, d\u2019\u00e9tablir une telle coh\u00e9rence. Il nous faudra cependant faire intervenir quelques concepts inhabituels. L\u2019un de ces concepts est la t\u00e9l\u00e9onomie. Voici comment nous l\u2019envisagerons ici.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0 <strong><em>Un concept de t\u00e9l\u00e9onomie compatible avec les exigences de la science<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nous consid\u00e9rons ici seulement le d\u00e9terminisme de base de la science actuelle \u2014 essentiellement le d\u00e9terminisme quantique, donc un d\u00e9terminisme admettant l\u2019al\u00e9atoire<a id=\"ref-4\" href=\"#note-4\"><sup>4<\/sup><\/a> \u2014 combin\u00e9 avec certaines structures et conditions initiales, telles que la structure topologique li\u00e9e \u00e0 l\u2019espace et au temps, et l\u2019\u00e9tat physique initial de l\u2019Univers. Par cons\u00e9quent, la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution qui est ici pr\u00e9sent\u00e9e n\u2019est pas une th\u00e9orie finaliste et elle n\u2019a recours \u00e0 aucun principe vitaliste. Elle est une th\u00e9orie qui se veut tout \u00e0 fait conforme \u00e0 l\u2019esprit critique qui va de pair, en g\u00e9n\u00e9ral, avec la pens\u00e9e contemporaine, qu\u2019elle soit scientifique ou philosophique. On y admet cependant un concept de t\u00e9l\u00e9onomie, en un sens voisin de celui qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 par des biologistes r\u00e9put\u00e9s<a id=\"ref-5\" href=\"#note-5\"><sup>5<\/sup><\/a> et qu\u2019on peut, par exemple, appliquer au d\u00e9veloppement d\u2019un embryon. Admettons donc ici que le concept de t\u00e9l\u00e9onomie peut \u00eatre, avec certaines pr\u00e9cautions, employ\u00e9 de fa\u00e7on compatible avec les exigences scientifiques d\u2019objectivit\u00e9 et de rigueur. Nous emploierons aussi le concept de \u00ab\u00a0<em>t\u00e9los<\/em>\u00a0\u00bb, qui peut servir \u00e0 d\u00e9signer l\u2019\u00e9tat de maturit\u00e9 vers lequel tend naturellement l\u2019embryon. L\u2019une des questions qui se pose alors logiquement est de savoir si le concept de t\u00e9los peut \u00e9galement s\u2019appliquer \u00e0 l\u2019\u00e9volution de l\u2019Univers. Nous en ferons ici une hypoth\u00e8se de travail en conformit\u00e9 avec l\u2019approche adisciplinaire, laquelle admet un principe global de coh\u00e9rence pour la recherche.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le cas particulier du d\u00e9veloppement embryonnaire nous servira de ainsi de mod\u00e8le pour \u00e9tablir certaines des bases th\u00e9oriques de l\u2019\u00e9volution globale. Notre approche consiste \u00e0 nous appuyer sur l\u2019existence dans la nature du d\u00e9veloppement embryonnaire pour inf\u00e9rer la possibilit\u00e9 r\u00e9elle d\u2019une \u00e9volution qui tend vers un t\u00e9los. Le terme t\u00e9los a pour fonction de signifier le type de r\u00e9sultat qu\u2019un processus naturel peut r\u00e9ellement viser, \u00e0 la diff\u00e9rence de termes tels que fin ou but, qui connotent l\u2019\u00e9volution envisag\u00e9e d\u2019un point de vue finaliste.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0 <strong><em>La question de la probabilit\u00e9 de l\u2019atteinte du t\u00e9los<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019une des diff\u00e9rences les plus essentielles entre le d\u00e9veloppement naturel vers un t\u00e9los et l\u2019\u00e9volution finaliste r\u00e9side d\u2019embl\u00e9e dans le caract\u00e8re <em>plus ou moins probable<\/em> de l\u2019atteinte du t\u00e9los, alors que l\u2019\u00e9volution finaliste prescrit le r\u00e9sultat comme certain. Le processus naturel ne donne qu\u2019une certaine probabilit\u00e9 d\u2019obtenir le r\u00e9sultat, une probabilit\u00e9 qui pourrait d\u2019ailleurs \u00eatre faible. Ce qui importe, ici, est qu\u2019il existe pr\u00e9cis\u00e9ment une telle probabilit\u00e9 \u2014 plus ou moins grande, selon les hypoth\u00e8ses \u2014 pour que l\u2019\u00e9volution globale parvienne \u00e0 son \u00e9tat de maturit\u00e9, en tant que terme du d\u00e9veloppement progressif. La probabilit\u00e9 peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme <em>calculable en droit<\/em> \u00e0 partir des lois et des principes scientifiques de base<a id=\"ref-6\" href=\"#note-6\"><sup>6<\/sup><\/a>. Il s\u2019agit de ce que nous appellerons une <em>probabilit\u00e9 r\u00e9elle<\/em>. Les expressions voisines telles que possibilit\u00e9s r\u00e9elles ou potentialit\u00e9s r\u00e9elles seront \u00e9galement utilis\u00e9es dans un sens \u00e9quivalent \u00e0 celui d\u2019une probabilit\u00e9 r\u00e9elle non nulle.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Si on essaie de comprendre l\u2019\u00e9volution globale au moyen de philosophies finalistes, on pose en g\u00e9n\u00e9ral que l\u2019apparition de la vie et celle de l\u2019humain ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaires. Ce n\u2019est pas le cas de la th\u00e9orie qui est propos\u00e9e ici. On y pose plut\u00f4t que l\u2019apparition de la vie et de l\u2019esp\u00e8ce humaine n\u2019avaient rien de n\u00e9cessaire au d\u00e9part. On les consid\u00e8re comme ayant \u00e9t\u00e9, au d\u00e9part, plus ou moins probables et peut-\u00eatre m\u00eame tr\u00e8s improbables. Comme il sera expliqu\u00e9 dans la section sur le potentiel r\u00e9el (section 3.6), seule la<em> possibilit\u00e9 <\/em>de l\u2019esp\u00e8ce humaine \u00e9tait<em> n\u00e9cessaire<\/em> au d\u00e9part, parce que cette possibilit\u00e9 d\u00e9coulait des lois de base de l\u2019Univers. Il en allait de m\u00eame de tout ce qui s\u2019est produit dans cet Univers jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent et, aussi, de beaucoup d\u2019autres choses qui ne se sont pas produites mais qui \u00e9taient pu r\u00e9ellement se produire. Elles \u00e9taient au d\u00e9part <em>r\u00e9ellement possibles<\/em>. Pr\u00e9cis\u00e9ment, si on envisage ce qui aurait pu \u00eatre r\u00e9ellement possible au d\u00e9part de cette \u00e9volution, on peut trouver que des\u00a0cat\u00e9gories, ou des <em>types de formes vivantes et intelligentes<\/em> ont \u00e9t\u00e9 pour leur part plus probables que d\u2019autres compte tenu de la multiplicit\u00e9 de ce\u00a0qui \u00e9tait r\u00e9ellement possible dans cet Univers \u00e0 ses d\u00e9buts. C\u2019est pourquoi il importe ici de ne pas confondre le concept d\u2019esp\u00e8ce humaine, en tant que cas de figure de l\u2019\u00e9volution sur cette plan\u00e8te-ci, avec le concept d\u2019une intelligence particuli\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9e ou avanc\u00e9e, qui aurait pu, ou pourrait encore, appara\u00eetre quelque part dans cet Univers.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0<strong><em>Un mod\u00e8le embryonnaire math\u00e9matique<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Parmi les concepts nouveaux qui seront mis de l\u2019avant dans cet ouvrage, mentionnons le <em>mod\u00e8le embryonnaire math\u00e9matique<\/em>. Il s\u2019agira d\u2019effectuer sur une base math\u00e9matique un rapprochement entre l\u2019\u00e9volution et le d\u00e9veloppement d\u2019un embryon d\u2019une quelconque forme de vie. Une m\u00e9thode originale sera ainsi mise en \u0153uvre qui utilisera une structure de <em>graphe math\u00e9matique de type arborescent<\/em>. En outre, en nous basant sur une interpr\u00e9tation de la m\u00e9canique quantique dite des \u00ab\u00a0histoires consistantes<a id=\"ref-7\" href=\"#note-7\"><sup>7<\/sup><\/a>\u00a0\u00bb, nous verrons que cette structure de graphe peut en principe d\u00e9crire aussi bien les <em>possibilit\u00e9s r\u00e9elles<\/em> d\u2019un embryon vivant que celles de l\u2019Univers entier, consid\u00e9r\u00e9 dans sa globalit\u00e9 physique, biotique et no\u00e9tique<a id=\"ref-8\" href=\"#note-8\"><sup>8<\/sup><\/a>.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On peut l\u00e9gitimement consid\u00e9rer un embryon comme un syst\u00e8me physique qui, en se d\u00e9veloppant, se trouve soumis aux lois de base de la nature. Il en va de m\u00eame en ce qui concerne l\u2019\u00e9volution globale de l\u2019Univers. Certes, une diff\u00e9rence \u00e9vidente est que l\u2019embryon se conforme \u00e0 son g\u00e9notype, c\u2019est-\u00e0-dire aux lois de la g\u00e9n\u00e9tique. On voit mal, \u00e0 premi\u00e8re vue, comment l\u2019Univers pourrait se comparer \u00e0 un embryon sur ce point. Pour lever cette difficult\u00e9, il suffira en fait de consid\u00e9rer le g\u00e9notype de l\u2019embryon comme faisant partie des <em>conditions initiales<\/em> de son d\u00e9veloppement. Du point de vue des lois de la nature, un g\u00e9notype est form\u00e9 de mol\u00e9cules qui sont dispos\u00e9es de fa\u00e7on particuli\u00e8re, propre \u00e0 ce g\u00e9notype. Le g\u00e9notype \u00e9quivaut \u00e0 un ensemble de conditions initiales de l\u2019embryon, consid\u00e9r\u00e9 comme un syst\u00e8me physique. Dans le cas de l\u2019Univers physique, il existe aussi des conditions initiales particuli\u00e8res, qui sont susceptibles d\u2019infl\u00e9chir les probabilit\u00e9s des diff\u00e9rents r\u00e9sultats possibles de son d\u00e9veloppement. Cette analogie formelle reposera donc le concept nouveau du graphe math\u00e9matique des possibilit\u00e9s r\u00e9elles d\u2019un syst\u00e8me, ce graphe \u00e9tant \u00e9tabli \u00e0 partir des conditions initiales de ce\u00a0syst\u00e8me. Comme pour l\u2019embryon biologique, le potentiel r\u00e9el de l\u2019Univers pourra, en droit, c\u2019est-\u00e0-dire l\u00e9gitimement, \u00eatre assimil\u00e9 \u00e0 une structure math\u00e9matique.<\/p>\n<p><a title=\"1.3 Le mod\u00e8le embryonnaire\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1628\">Suite<\/a><\/p>\n<p><a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a> Certes ce probl\u00e8me renvoie directement \u00e0 la <em>Critique de la pure <\/em>de Kant (1781). La libert\u00e9 humaine est pos\u00e9e par Kant comme \u00e9tant au fondement de la conscience commune de moralit\u00e9 et, comme telle, hors de port\u00e9e de toute connaissance scientifique. Cependant il a impos\u00e9 une telle limitation \u00e0 la science afin de sauvegarder la possibilit\u00e9 m\u00eame d\u2019une autonomie \u00e9thique et non dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la recherche elle-m\u00eame en g\u00e9n\u00e9ral. Nous consid\u00e9rerons ici qu\u2019il y a l\u00e0, \u00e0 la fois, un probl\u00e8me\u00a0tant pour la libert\u00e9 \u00e9thique que pour la recherche scientifique. Nous posons plut\u00f4t que la recherche en g\u00e9n\u00e9ral concerne aussi bien l\u2019\u00e9thique que la connaissance du r\u00e9el et qu\u2019elle ne doit pas \u00eatre emp\u00eatr\u00e9e par quelque prohibition <em>a priori<\/em> que ce soit. Nous reviendrons sur la question \u00e9thique dans la <a title=\"7.2.2 La personne\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=2523\">section 7.2.2. \u00ab\u00a0La personne\u00a0\u00bb<\/a>. <a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a><\/p>\n<div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p><a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a> Les atomes sont en fait d\u00e9termin\u00e9s de fa\u00e7on probabiliste. Cependant, cela ne change rien ici puisque la libert\u00e9 humaine ne peut \u00eatre expliqu\u00e9e de fa\u00e7on satisfaisante en termes de probabilisme. Nous reviendrons sur ce probl\u00e8me pos\u00e9 par la libert\u00e9 du chercheur dans la <a title=\"6.8 L\u2019impression de libert\u00e9\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=2478\">section 6.8<\/a> de cet ouvrage. <a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p><a id=\"note-3\" href=\"#ref-3\">3<\/a> On pourrait pr\u00e9tendre que la libert\u00e9 humaine est possible si les contraintes qui p\u00e8sent inconsciemment sur le comportement sont utiles \u00e0 l\u2019adaptation. Toutefois une telle conception de la libert\u00e9 ne ferait pas de diff\u00e9rence entre la libert\u00e9 humaine et la libert\u00e9 de mouvement des animaux, ce qui semble a priori insuffisant pour fonder l\u2019id\u00e9e m\u00eame d\u2019une recherche scientifique. Nous reviendrons plus loin sur cette difficult\u00e9. <a id=\"note-3\" href=\"#ref-3\">3<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p><a id=\"note-4\" href=\"#ref-4\">4<\/a> Le d\u00e9terminisme quantique, qui peut aussi bien \u00eatre appel\u00e9 l\u2019ind\u00e9terminisme quantique, n\u2019est pas un d\u00e9terminisme des \u00e9v\u00e9nements physiques eux-m\u00eames, mais plut\u00f4t un d\u00e9terminisme des <em>probabilit\u00e9s d\u2019occurrence<\/em> d\u2019\u00e9v\u00e9nements. Il va de pair avec la conception dite du \u00ab\u00a0quanton\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire de la particule physique qui est en m\u00eame temps une \u00ab\u00a0onde de probabilit\u00e9\u00a0\u00bb. <a id=\"note-4\" href=\"#ref-4\">4<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn5\">\n<p><a id=\"note-5\" href=\"#ref-5\">5<\/a> Les biologistes C. S. Pittendrigh (1958), Ernst W. Mayr (1965) et Jacques Monod (1970) ont notamment utilis\u00e9 le concept de t\u00e9l\u00e9onomie (ou, en anglais, <em>teleonomy<\/em>) dans le cadre de leurs recherches. <a id=\"note-5\" href=\"#ref-5\">5<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn6\">\n<p><a id=\"note-6\" href=\"#ref-6\">6<\/a> Cette affirmation n\u2019est pas n\u00e9cessairement conforme \u00e0 la l\u00e9gitimit\u00e9 scientifique actuelle sauf par extrapolation de l\u2019usage qu\u2019on en fait habituellement. Cependant elle est impliqu\u00e9e par le droit convenu aussit\u00f4t qu\u2019on en tire les cons\u00e9quences. Admettons donc qu\u2019elle s\u2019impose pour des raisons de coh\u00e9rence. <a id=\"note-6\" href=\"#ref-6\">6<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn7\">\n<p><a id=\"note-7\" href=\"#ref-7\">7<\/a> L\u2019approche des \u00ab\u00a0histoires consistantes\u00a0\u00bb en m\u00e9canique quantique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e \u00e0 partir des travaux de Robert B. Griffiths (Consistent Histories and the Interpretation of Quantum Mechanics, <em>Journal of statistical Physics<\/em>, Vol. 36, 1984, p. 219-272) par Murray Gell-Mann, James B. Hartle et Roland Omn\u00e8s, entre autres. <a id=\"note-7\" href=\"#ref-7\">7<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn8\">\n<p><a id=\"note-8\" href=\"#ref-8\">8<\/a> Les termes biotique et no\u00e9tique d\u00e9signeront respectivement les possibilit\u00e9s r\u00e9elles qu\u2019a l\u2019Univers de produire la vie et l\u2019intelligence. <a id=\"note-8\" href=\"#ref-8\">8<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"edit-link\"><a class=\"post-edit-link\" href=\"\">modifier<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les scientifiques reconnaissent aujourd\u2019hui comme un fait que la vie sur Terre a \u00e9volu\u00e9 et, en outre, que l\u2019Univers a lui-m\u00eame \u00e9volu\u00e9, selon d\u2019autres lois, depuis son origine. Une th\u00e9orie globale de l\u2019\u00e9volution doit d\u2019abord permettre de r\u00e9unir ces deux types d\u2019\u00e9volution&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1317,"menu_order":20,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1624"}],"collection":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1624"}],"version-history":[{"count":7,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1624\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1626,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1624\/revisions\/1626"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1317"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1624"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1624"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}