{"id":1640,"date":"2011-07-25T10:39:19","date_gmt":"2011-07-25T14:39:19","guid":{"rendered":"http:\/\/agoratheque.yprovencal.ep.profweb.qc.ca\/?page_id=1640"},"modified":"2011-09-16T11:39:36","modified_gmt":"2011-09-16T15:39:36","slug":"1-4-le-principe-de-coherence","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1640","title":{"rendered":"1.4 Le principe de coh\u00e9rence"},"content":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La <em>coh\u00e9rence<\/em> signifie ici la compatibilit\u00e9 entre ce que d\u00e9crit la science, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019Univers et ce qu\u2019il contient, et la r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame du chercheur et de sa recherche, en tant qu\u2019inscrits et incorpor\u00e9s dans ce m\u00eame Univers. Le <em>principe de coh\u00e9rence<\/em> consiste \u00e0 poser que la r\u00e9alit\u00e9 de la recherche scientifique doit \u00eatre incluse dans cet Univers et explicable en droit par les lois et principes de base qui sont charg\u00e9s de d\u00e9crire fondamentalement tout ce qui existe dans cet Univers. Il en d\u00e9coule imm\u00e9diatement que la r\u00e9alit\u00e9 de la recherche doit \u00eatre compatible avec la fa\u00e7on dont la r\u00e9alit\u00e9 est d\u00e9crite par les th\u00e9ories qui r\u00e9sultent de cette recherche.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Un tel principe est conforme \u00e0 l\u2019esprit de la recherche adisciplinaire. Il a pour effet de mettre les sciences de la nature directement en rapport avec les sciences cognitives. Il n\u2019a pas encore pu \u00eatre formul\u00e9 de fa\u00e7on recevable (ou l\u00e9gitime) dans une recherche comprise comme disciplinaire, c\u2019est-\u00e0-dire dont les disciplines ne communiquent que tr\u00e8s peu entre elles.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce principe a des cons\u00e9quences importantes sur la fa\u00e7on de concevoir l\u2019Univers r\u00e9el et aussi, sur la fa\u00e7on de concevoir la r\u00e9alit\u00e9 de la recherche. En particulier, il concerne notre fa\u00e7on de comprendre la r\u00e9alit\u00e9 des chercheurs eux-m\u00eames et le type de libert\u00e9 qu\u2019il est coh\u00e9rent et pertinent de leur attribuer. C\u2019est ainsi, par exemple, que la v\u00e9rification exp\u00e9rimentale \u00e0 long terme peut prendre un sens. Ce type de v\u00e9rification consiste \u00e0 \u00e9tablir que la science en droit, qui existe \u00e0 un certain moment de l\u2019histoire de la recherche, est v\u00e9ritablement <em>fondamentale<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire susceptible de fonder la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019Univers et de .tout ce qu\u2019il contient<a name=\"_ftnref1\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftn1\">[1]<\/a>.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ainsi le d\u00e9terminisme classique ne semble pas compatible avec la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une\u00a0recherche libre. D\u2019apr\u00e8s ce d\u00e9terminisme, en effet, la position et le mouvement de chaque particule dans l\u2019Univers sont en droit d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 chaque instant <em>t<\/em> \u00e0 partir des lois de base et des conditions initiales de l\u2019Univers (ou des conditions de l\u2019Univers \u00e0 n\u2019importe quel instant diff\u00e9rent de <em>t<\/em>). Si tous les \u00e9l\u00e9ments de la recherche sont fix\u00e9s d\u2019avance, incluant les questions, les concepts, les th\u00e9ories, les exp\u00e9rimentations et les r\u00e9sultats, il en d\u00e9coule logiquement que la recherche libre n\u2019est qu\u2019une illusion. Les \u00ab\u00a0chercheurs\u00a0\u00bb \u00e9tant compl\u00e8tement d\u00e9termin\u00e9s depuis le d\u00e9but, rien de ce qu\u2019ils font ou trouvent n\u2019est nouveau, rien n\u2019est impr\u00e9vu. La science elle-m\u00eame n\u2019est alors rien d\u2019autre qu\u2019une sous-structure incluse dans une structure globale qui est compl\u00e8tement assimilable \u00e0 une structure math\u00e9matique. Le temps, la nouveaut\u00e9, la libert\u00e9 et la conscience, et donc la recherche, ne sont que des illusions.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019absence de coh\u00e9rence de la science classique ne signifie pas, toutefois, qu\u2019il n\u2019y a pas de coh\u00e9rence math\u00e9matique des mod\u00e8les classiques. La contradiction entre la r\u00e9alit\u00e9 de la recherche et la description du r\u00e9el qui est fournie par cette recherche n\u2019est pas n\u00e9cessairement une contradiction math\u00e9matique dans la mesure o\u00f9 la r\u00e9alit\u00e9 du chercheur n\u2019est pas math\u00e9matis\u00e9e et, peut-\u00eatre, pas math\u00e9matisable. Nous reviendrons sur ce point lorsque nous traiterons de l\u2019effectivit\u00e9 et du temps r\u00e9el.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cette absence de coh\u00e9rence entre l\u2019objet et la pratique de la science classique a autoris\u00e9, par accommodement n\u00e9cessaire, les scientifiques \u00e0 poser un <em>temps r\u00e9el<\/em>, qui est celui de la recherche et des exp\u00e9rimentations, distinct du temps th\u00e9orique, qui se trouve th\u00e9oris\u00e9 dans les mod\u00e8les math\u00e9matiques qui sont \u00e0 la base de nos th\u00e9ories scientifiques actuelles<a name=\"_ftnref2\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftn2\">[2]<\/a>.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Si, par contre, on inclut dans les lois de base un ind\u00e9terminisme de type quantique, tout n\u2019est pas compl\u00e8tement fix\u00e9 d\u2019avance. Les \u00e9v\u00e9nements y sont en effet d\u00e9crits en droit comme n\u2019ayant que certaines probabilit\u00e9s de se produire effectivement. Cela peut sembler rendre compatible l\u2019id\u00e9e de recherche libre avec la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle du chercheur. Toutefois, ainsi que nous le verrons dans la section consacr\u00e9e au probl\u00e8me de la libert\u00e9, ce n\u2019est pas si simple<a name=\"_ftnref3\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftn3\">[3]<\/a>. Admettons n\u00e9anmoins que le fait m\u00eame d\u2019ouvrir l\u2019\u00e9tau classique enserrant la r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle du chercheur repr\u00e9sente un pas important dans cette direction. Il ne s\u2019agit en fait que de l\u2019une des conditions \u00e0 poser pour \u00e9tablir la coh\u00e9rence. Il nous faudra lui ajouter une autre condition essentielle<a name=\"_ftnref4\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftn4\">[4]<\/a>.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0 <strong><em>L\u2019ind\u00e9terminisme quantique<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>La r\u00e9alit\u00e9 de la recherche semble donc, au moins, impliquer l\u2019ind\u00e9terminisme des lois de base. En m\u00e9canique quantique l\u2019ind\u00e9terminisme prend la forme du probabilisme irr\u00e9ductible. Cela signifie qu\u2019il doit y avoir, \u00e0 la base, l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un principe d\u2019ind\u00e9termination des \u00e9v\u00e9nements r\u00e9els. Les physiciens et d\u2019autres chercheurs savent qu\u2019un tel principe existe en m\u00e9canique quantique sous le nom de <em>principe de r\u00e9duction du vecteur d\u2019\u00e9tat<\/em>, appel\u00e9 aussi principe de r\u00e9duction du paquet d\u2019onde. En gros, cela signifie que l\u2019observation effective d\u2019un syst\u00e8me physique de type quantique s\u2019accompagne par le fait m\u00eame d\u2019une transformation de l\u2019\u00e9tat du syst\u00e8me de telle fa\u00e7on que celui-ci passe d\u2019une superposition d\u2019\u00e9tats \u00e0 l\u2019un seulement de ces \u00e9tats. La th\u00e9orie de base permet en principe de calculer les probabilit\u00e9s distinctes \u00e0 la r\u00e9duction selon que l\u2019un ou l\u2019autre des \u00e9tats constituants r\u00e9sulte de cette r\u00e9duction.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nous verrons que, malgr\u00e9 les efforts en ce sens de la part de plusieurs th\u00e9oriciens, ce principe ne doit pas \u00eatre vu comme physico-<em>math\u00e9matique<\/em><a name=\"_ftnref5\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftn5\">[5]<\/a>. Il sera ici qualifi\u00e9 de physico-<em>cognitif<\/em>. Cela signifie que le principe de r\u00e9duction n\u2019est pas comme tel math\u00e9matis\u00e9 et qu\u2019il doit \u00eatre vu comme un principe d\u2019<em>effectivit\u00e9<\/em>, ce dernier mot \u00e9tant pris dans le sens que lui donnent les physiciens lorsqu\u2019ils parlent d\u2019une r\u00e9duction <em>effective<\/em> du vecteur d\u2019\u00e9tat en m\u00e9canique quantique.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nous ferons ici une g\u00e9n\u00e9ralisation du principe de r\u00e9duction du vecteur d\u2019\u00e9tat en \u00e9non\u00e7ant le <em>principe de r\u00e9duction du potentiel r\u00e9el<\/em> ou, plus simplement, de <em>principe de r\u00e9duction<\/em>.\u00a0<\/p>\n<p>N.B.\u00a0: Le principe de r\u00e9duction, tel qu\u2019exprim\u00e9 par la formulation dite orthodoxe de la m\u00e9canique quantique, sera consid\u00e9r\u00e9 ici comme non math\u00e9matisable. Si, en effet, une formulation est un jour \u00e9tablie selon laquelle ce que d\u00e9crit ce principe pourra appara\u00eetre comme math\u00e9matisable, elle sera d\u2019un type math\u00e9matique d\u2019un genre extr\u00eamement original puisque cela signifierait que le <em>temps r\u00e9el<\/em> lui-m\u00eame pourra \u00eatre math\u00e9matis\u00e9, ce qui a priori semble contraire \u00e0 toute la conception actuelle de l\u2019espace-temps math\u00e9matique.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En outre, il faut noter que l\u2019expression physico-cognitif ne signifie pas que la mati\u00e8re en g\u00e9n\u00e9ral rel\u00e8ve de l\u2019esprit, mais plut\u00f4t qu\u2019elle est observable ou, plus g\u00e9n\u00e9ralement, connaissable. L\u2019expression choisie a pour but de marquer le lien entre ce qui rel\u00e8ve de l\u2019\u00e9tude de la mati\u00e8re (physique) et ce qui rel\u00e8ve de l\u2019\u00e9tude du cognitif (sciences cognitives).\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le probabilisme quantique signifie, entre autres, qu\u2019il est l\u00e9gitime de poser comme \u00e9tant calculables les probabilit\u00e9s des \u00e9v\u00e9nements qui se produisent dans l\u2019Univers. Si tel est le cas, la libert\u00e9 de la recherche r\u00e9side dans le fait que plusieurs r\u00e9sultats sont en droit possibles et ce, m\u00eame s\u2019ils ne sont pas tous n\u00e9cessairement de probabilit\u00e9s \u00e9gales. Ce type de libert\u00e9 n\u2019\u00e9quivaut \u00e9videmment pas \u00e0 un libre arbitre au sens de la libert\u00e9 absolue de prendre ou non une d\u00e9cision sans aucune autre d\u00e9termination que soi-m\u00eame.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nous verrons que la recherche libre suppose en plus l\u2019existence d\u2019un <em>potentiel r\u00e9el<\/em> de recherches et de d\u00e9couvertes. Cette sorte de r\u00e9alit\u00e9 semble compatible avec les lois de base qui d\u00e9terminent des probabilit\u00e9s d\u2019\u00e9v\u00e9nements. Il devrait \u00eatre effectivement possible, dans cet Univers, qu\u2019apparaisse un \u00eatre ou une entit\u00e9 capable d\u2019une telle recherche et ce, avec une probabilit\u00e9 suffisante. Cet \u00eatre peut \u00eatre d\u00e9fini d\u2019apr\u00e8s le concept d\u2019intelligence avanc\u00e9e, que nous avons pos\u00e9 plus haut. La probabilit\u00e9 dite suffisante comporte deux composantes soit, d\u2019une part, une probabilit\u00e9 suffisante que cet \u00eatre apparaisse dans l\u2019Univers et, d\u2019autre part, une probabilit\u00e9 suffisante que cet \u00eatre parvienne \u00e0 faire de v\u00e9ritables d\u00e9couvertes. Certes, l\u2019apparition d\u2019un tel \u00eatre et sa capacit\u00e9 d\u2019obtenir des r\u00e9sultats peuvent sans doute \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es selon diff\u00e9rentes modalit\u00e9s.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il nous est, par exemple, admissible de penser que, dans l\u2019Univers actuel, l\u2019\u00eatre d\u00e9fini comme l\u2019esp\u00e8ce humaine, l\u2019<em>Homo sapiens<\/em>, repr\u00e9sente l\u2019une des formes que cette intelligence pouvait r\u00e9ellement adopter et que, de ce fait, le processus y conduisant pouvait consister en une longue \u00e9volution potentielle comme celle qui a men\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00eatre humain, une \u00e9volution qui a commenc\u00e9 sous une forme physique, s\u2019est poursuivie sous la forme d\u2019un processus biologique et, enfin, par le processus d\u2019une histoire \u00e9volutive qui, apparemment, n\u2019est pas encore termin\u00e9e. Cette \u00e9volution aurait donc pu prendre, au moins dans le d\u00e9tail, la forme de bien d\u2019autres processus, dont les variantes et la diversit\u00e9 nous sont inconnues. Il semble probable qu\u2019un tr\u00e8s grand nombre de trajets \u00e9taient au d\u00e9part r\u00e9ellement possibles. En plus de suivre un cours possible parmi d\u2019autres, l\u2019\u00e9volution conduisant \u00e0 une \u00e9ventuelle forme l\u2019intelligence avanc\u00e9e pouvait certes comporter des sc\u00e9narios en culs-de-sac \u00e0 l\u2019image de fausses couches ou d\u2019avortement puisque l\u2019apparition d\u2019une forme d\u2019intelligence avanc\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas <em>n\u00e9cessaire\u00a0<\/em>; elle n\u2019\u00e9tait que <em>r\u00e9ellement possible<\/em>.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Une telle hypoth\u00e8se est certes d\u2019un type inhabituel chez les physiciens, ou m\u00eame chez les chercheurs en g\u00e9n\u00e9ral. L\u2019une des raisons en est l\u2019habitude de penser la r\u00e9alit\u00e9 comme si elle devait n\u00e9cessairement se pr\u00e9senter d\u2019autant de fa\u00e7ons diff\u00e9rentes qu\u2019il y a de disciplines. Une autre raison en est que le calcul de la probabilit\u00e9 impliqu\u00e9e par l\u2019apparition d\u2019une intelligence avanc\u00e9e dans l\u2019Univers ne peut pas \u00eatre effectu\u00e9 en pratique, tellement une telle op\u00e9ration serait ardue. M\u00eame dans le cas o\u00f9 l\u2019on se contenterait d\u2019une valeur approximative, les difficult\u00e9s seraient encore insurmontables \u00e9tant donn\u00e9 le nombre de variables ou de facteurs impliqu\u00e9s et la longue dur\u00e9e pendant laquelle le processus doit s\u2019\u00e9chelonner.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nous consid\u00e9rerons n\u00e9anmoins que la proposition <em>T<sub>ia<\/sub><\/em> porte sur une r\u00e9alit\u00e9 observable de fa\u00e7on objective dans cet Univers. \u00c0 d\u00e9faut d\u2019en \u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9 ou la fausset\u00e9 au moyen d\u2019un calcul susceptible d\u2019une v\u00e9rification exp\u00e9rimentale, nous pourrons constater qu\u2019elle contribue \u00e0 rendre plus coh\u00e9rente notre perspective g\u00e9n\u00e9rale sur la r\u00e9alit\u00e9. Il para\u00eet tout \u00e0 fait conforme \u00e0 l\u2019esprit de la science de formuler l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019une contrainte qui, non seulement est compatible avec les lois de base et l\u2019observation, mais qui en outre contribue \u00e0 la coh\u00e9rence de la science dans son ensemble. L\u2019hypoth\u00e8se <em>T<sub>ia<\/sub><\/em> devrait donc \u00eatre vue comme scientifique au plein sens du terme.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Notre confiance en un d\u00e9veloppement futur de la recherche scientifique rend m\u00eame cette hypoth\u00e8se en quelque sorte indispensable. L\u2019id\u00e9e d\u2019une recherche libre implique des risques d\u2019erreurs et m\u00eame de faillites. Rien n\u2019assure, a priori, que l\u2019esp\u00e8ce humaine a en elle la capacit\u00e9 r\u00e9elle de se consacrer \u00e0 une qu\u00eate du savoir aussi exigeante que la science selon l\u2019id\u00e9e que nous nous en faisons. Il est vrai que d\u2019importants probl\u00e8mes de coh\u00e9rence se posent encore, que beaucoup de questions de fond demeurent sans r\u00e9ponse scientifiques en ce qui concerne par exemple le temps, les rapports entre conscience et mati\u00e8re, et aussi la signification profonde de l\u2019efficacit\u00e9 math\u00e9matique de nos th\u00e9ories. Ce que l\u2019humain a n\u00e9anmoins r\u00e9ussi \u00e0 faire jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent donne d\u00e9j\u00e0, malgr\u00e9 toutes les insuffisances, une indication significative des potentialit\u00e9s r\u00e9elles de cet Univers de produire une forme d\u2019intelligence aussi avanc\u00e9e. L\u2019espoir que nous mettons \u00e0 parvenir un jour \u00e0 une v\u00e9ritable compr\u00e9hension du r\u00e9el et du possible rend une telle hypoth\u00e8se indispensable \u00e0 la science en tant que r\u00e9alisation progressive de son id\u00e9e.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0 <strong><em>Applications du principe de coh\u00e9rence<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les applications de ce principe servent surtout, semble-t-il, \u00e0 une meilleure compr\u00e9hension du r\u00e9el, ind\u00e9pendamment du rendement pratique. Un tel objectif n\u2019est pas clairement compr\u00e9hensible dans l\u2019optique d\u2019une explication de la nature en termes de s\u00e9lection naturelle ou de \u00ab\u00a0g\u00e8ne \u00e9go\u00efste\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ainsi, l\u2019id\u00e9e de la science suppose en principe que nous concevions la recherche comme libre et <em>d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e<\/em>, cela signifie que la pression de s\u00e9lection en vue de l\u2019adaptation \u00e0 l\u2019environnement n\u2019est pas un facteur des plus d\u00e9terminants et, aussi, que les chercheurs n\u2019agissent pas en fonction de l\u2019int\u00e9r\u00eat de leur seul champ disciplinaire. Les chercheurs doivent \u00eatre capables de viser le savoir et la compr\u00e9hension de fa\u00e7on d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e et de fa\u00e7on globale, c\u2019est-\u00e0-dire que la science ne devrait pas \u00eatre vue comme \u00e9tant s\u00e9par\u00e9e en des champs disciplinaires qui ne font de recherche que de fa\u00e7on s\u00e9par\u00e9e. En ce sens, l\u2019\u00e9volution qui conduirait \u00e0 une forme accomplie d\u2019intelligence avanc\u00e9e n\u2019a pas \u00e0 relever d\u2019une discipline comme la seule physique ou la seule biologie.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par ailleurs, m\u00eame si la recherche d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e ne s\u2019identifie pas \u00e0 une recherche de r\u00e9sultats pratiques, prenant l\u2019aspect de la technologie, elle comporte cependant plus ou moins directement de tels r\u00e9sultats. Que cette recherche s\u2019accompagne de progr\u00e8s d\u2019ordre mat\u00e9riel vers une meilleure adaptation aux conditions d\u2019existence appara\u00eet d\u2019ailleurs comme une cons\u00e9quence logique et naturelle, sans toutefois devenir le but premier de la recherche.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Envisag\u00e9e dans une telle perspective, la conscience en tant qu\u2019objet d\u2019\u00e9tude des sciences cognitives appara\u00eet elle-m\u00eame sous un nouveau jour. On tente g\u00e9n\u00e9ralement de l\u2019expliquer en mettant en relief son utilit\u00e9 pour la survie. On peut, par exemple, expliquer la m\u00e9moire ou la cr\u00e9ativit\u00e9 de cette fa\u00e7on. D\u2019apr\u00e8s les cons\u00e9quences logiques du principe de coh\u00e9rence, la conscience humaine, sinon la conscience en g\u00e9n\u00e9ral, devrait avoir d\u2019autres caract\u00e9ristiques que celles qui servent \u00e0 la survie. La capacit\u00e9 de prendre conscience de ce qui est r\u00e9el et de le distinguer analytiquement de tout ce qui est illusoire en r\u00e9sulte assez bien.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0 <strong><em>Autres consid\u00e9rations sur la coh\u00e9rence et la compr\u00e9hension<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il arrive que des physiciens tentent d\u2019aller au-del\u00e0 de l\u2019explication sur la base de concepts math\u00e9matiques et qu\u2019ils se posent des questions sur la r\u00e9alit\u00e9 comme telle. C\u2019est le cas, par exemple, de Murray Gell-Mann lorsqu\u2019il explique pourquoi la conception dite des univers multiples est bas\u00e9e sur une confusion dans la lecture de l\u2019article de Hugh Everett (1957) sur lequel elle est bas\u00e9e. Avec d\u2019autres, il d\u00e9fend l\u2019interpr\u00e9tation des \u00ab\u00a0histoires multiples\u00a0\u00bb, ce qui suppose une compr\u00e9hension bien diff\u00e9rente de la r\u00e9alit\u00e9<a name=\"_ftnref6\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftn6\">[6]<\/a>. L\u2019une seulement de ces histoires d\u00e9crit ce qui se passe <em>r\u00e9ellement<\/em> dans notre Univers.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On peut donc constater que, lorsqu\u2019ils interpr\u00e8tent ce qui est r\u00e9el comme tel, les physiciens peuvent se rapprocher consid\u00e9rablement de la philosophie ou des sciences cognitives, o\u00f9 l\u2019on se pr\u00e9occupe habituellement davantage de ce type de question que dans les sciences de la nature<a name=\"_ftnref7\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftn7\">[7]<\/a>. L\u2019approche qui est d\u00e9fendue ici va tout \u00e0 fait dans le sens d\u2019un rapprochement entre les sciences de la nature et les autres domaines fondamentaux de la recherche. Cela signifie que, dans les sciences de la nature, l\u2019on devrait tendre de plus en plus vers la recherche de sens et de compr\u00e9hension. Une telle convergence va de pair avec l\u2019id\u00e9e d\u2019une coh\u00e9rence globale du savoir. Celle-ci se trouve impliqu\u00e9e de fa\u00e7on l\u00e9gitime m\u00eame si elle est difficile \u00e0 \u00e9tablir par la comparaison entre les lois des diff\u00e9rentes disciplines de recherche. Il existe en fait une l\u00e9gitimit\u00e9 scientifique ou m\u00eame un <em>droit<\/em> implicite de la science.<\/p>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div><a title=\"1.5 Le d\u00e9terminisme en droit\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1653\">Suite<\/a><\/div>\n<hr size=\"1\" \/>\n<div id=\"ftn1\">\n<p><a name=\"_ftn1\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftnref1\">[1]<\/a> Voir la<a title=\"8.3.1.1 Une preuve exp\u00e9rimentale de second ordre de l\u2019hypoth\u00e8se Tia\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=2829\"> section 8.3.1.1. \u00ab Une preuve exp\u00e9rimentale de second ordre de l\u2019hypoth\u00e8se Tia \u00bb<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p><a name=\"_ftn2\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftnref2\">[2]<\/a> C\u2019est bien ainsi que l\u2019entendait apparemment Laplace.<a href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/DF41C45B-15AC-4067-AF09-0AAF548F562A\" target=\"_self\"><\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p><a name=\"_ftn3\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftnref3\">[3]<\/a> Nous y reviendrons dans la <a title=\"7.9 La libert\u00e9 reconsid\u00e9r\u00e9e\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=2740\" target=\"_blank\">section 7.9 (\u00ab La libert\u00e9 reconsid\u00e9r\u00e9e \u00bb)<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p><a name=\"_ftn4\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftnref4\">[4]<\/a> Nous examinerons cette condition dans la <a href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/1D6E028B-589E-4199-BAE3-3CB25A89EC3A\" target=\"_self\">section 8.3 (\u00c0 la recherche de l&rsquo;Autre)<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn5\">\n<p><a name=\"_ftn5\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftnref5\">[5]<\/a> Par exemple, Roger Penrose et, d\u2019une autre fa\u00e7on, les tenants de la th\u00e9orie de la d\u00e9coh\u00e9rence ont tent\u00e9 r\u00e9cemment de math\u00e9matiser le principe de r\u00e9duction quantique. Nous y reviendrons dans le <a title=\"3- Le potentiel r\u00e9el\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1334\" target=\"_blank\">chapitre 3<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn6\">\n<p><a name=\"_ftn6\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftnref6\">[6]<\/a> Voir la <a title=\"3.2 Application du graphe \u00e0 la description du potentiel r\u00e9el\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1604\" target=\"_blank\">section 3.2.1.2 \u00ab L\u2019interpr\u00e9tation des histoires multiples \u00bb<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn7\">\n<p><a name=\"_ftn7\" href=\"https:\/\/lms2.decclic.qc.ca\/Pub\/F38E337E-4AB4-4459-8A51-E3429AA48AD9\/3E719F1D-0157-46E4-A99E-63720E7A708F#_ftnref7\">[7]<\/a> Par exemple, en philosophie de l\u2019esprit, consid\u00e9r\u00e9e souvent comme faisant partie des sciences cognitives, on se pose des questions sur la r\u00e9alit\u00e9 de la conscience, sur la fa\u00e7on dont la mati\u00e8re constitue l\u2019esprit et sur la r\u00e9alit\u00e9 de la conscience d\u2019autrui.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"edit-link\"><a class=\"post-edit-link\" href=\"\">modifier<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La coh\u00e9rence signifie ici la compatibilit\u00e9 entre ce que d\u00e9crit la science, c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019Univers et ce qu\u2019il contient, et la r\u00e9alit\u00e9 m\u00eame du chercheur et de sa recherche, en tant qu\u2019inscrits et incorpor\u00e9s dans ce m\u00eame Univers. 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