{"id":1700,"date":"2011-07-28T09:01:56","date_gmt":"2011-07-28T13:01:56","guid":{"rendered":"http:\/\/agoratheque.yprovencal.ep.profweb.qc.ca\/?page_id=1700"},"modified":"2011-09-18T07:28:30","modified_gmt":"2011-09-18T11:28:30","slug":"2-2-b-les-principes-de-limitation","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1700","title":{"rendered":"2.2  B. Les principes de limitation"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>La recherche scientifique se pr\u00e9sente globalement comme un d\u00e9veloppement historique ample, qui se poursuit sur des si\u00e8cles. Si on consid\u00e8re l\u2019\u00e9tat de la science \u00e0 un certain moment de l\u2019histoire, la recherche courante peut \u00eatre vue comme ce qui fait progresser la science \u00e0 partir de cet \u00e9tat. La recherche repr\u00e9sente alors un rythme de progression, qui appara\u00eet, \u00e0 un moment donn\u00e9 de son d\u00e9veloppement, comme limit\u00e9 de plusieurs fa\u00e7ons. Il est possible de formuler quelques principes g\u00e9n\u00e9raux dits de limitation, qui sont susceptibles d\u2019orienter la recherche et d\u2019en \u00e9valuer les r\u00e9sultats. L\u2019un de ces principes concerne la limitation effective des observations r\u00e9alisables \u00e0 un moment donn\u00e9 et ce, sur au moins deux points, soit la pr\u00e9cision des mesures et la vari\u00e9t\u00e9 des observations (incluant les exp\u00e9rimentations). Un autre principe concerne la limitation des th\u00e9ories en ce qui regarde leur r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle, c\u2019est-\u00e0-dire la possibilit\u00e9 qu\u2019elles soient effectivement r\u00e9fut\u00e9es dans l\u2019avenir \u00e0 court, moyen ou long terme. Dans les deux cas, on consid\u00e8re l\u2019\u00e9tat de la recherche \u00e0 un moment donn\u00e9 (c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 une \u00e9poque donn\u00e9e) qui peut aussi bien \u00eatre pass\u00e9, pr\u00e9sent que futur. Les deux principes de limitation seront d\u00e9sign\u00e9s ainsi\u00a0:<\/p>\n<p><em>1.<\/em> \u00a0le <em>principe de limitation de l\u2019observabilit\u00e9 effective<\/em>\u00a0;<\/p>\n<p><em>2.<\/em>\u00a0le <em>principe de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle<\/em>, valable pour chaque th\u00e9orie scientifique particuli\u00e8re ou chaque principe scientifique particulier, y compris les principes de sym\u00e9tries.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le premier de ces deux principes est \u00e9troitement li\u00e9 au moment consid\u00e9r\u00e9 de l\u2019histoire de la recherche. C\u2019est ce qu\u2019indique l\u2019utilisation du terme \u00ab\u00a0effective\u00a0\u00bb. Quant au second de ces principes, il concerne la limitation intrins\u00e8que d\u2019une th\u00e9orie, d\u2019une loi ou d\u2019un principe quelconque, que cette th\u00e9orie, cette loi ou ce principe soit envisag\u00e9 \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre de l\u2019histoire. Cependant, s\u2019il s\u2019agit d\u2019une th\u00e9orie consid\u00e9r\u00e9e d\u00e9j\u00e0 comme \u00ab\u00a0r\u00e9fut\u00e9e\u00a0\u00bb, par exemple la dynamique newtonienne, il signifie que la r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle de cette th\u00e9orie est devenue, en partie (comme on le verra ci-dessous), une r\u00e9futabilit\u00e9 effective. Il est important de noter que ces principes de limitation concernent le rythme de d\u00e9veloppement de la science \u00e0 un moment et qu\u2019ils ne signifient pas que la science elle-m\u00eame, en tant que vaste entreprise de recherche et de d\u00e9couverte \u00e0 long terme, doit \u00eatre vue comme limit\u00e9e dans ses objectifs les plus ambitieux de compr\u00e9hension et de connaissance.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong><em>1. Le principe de limitation de l\u2019observabilit\u00e9 effective<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce principe s\u2019\u00e9nonce ainsi\u00a0:\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><em>\u00c0 tout moment (ou \u00e9poque) de la recherche, l\u2019observabilit\u00e9 effective est limit\u00e9e par les moyens observationnels existants.<\/em>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce principe tire ici sa pertinence de l\u2019INP. Celle-ci consiste, en effet, \u00e0 admettre que les th\u00e9ories physiques de base sont approximatives et, donc, que tout d\u00e9passement de la limite d\u2019observabilit\u00e9 effective est susceptible de faire en sorte que les th\u00e9ories soient prises en d\u00e9faut sur le plan observationnel (ou exp\u00e9rimental). Selon l\u2019IP, au contraire, les th\u00e9ories de base sont pr\u00e9sum\u00e9es exactes m\u00eame au-del\u00e0 de cette limite et on fait donc comme si cette limite n\u2019existait pas.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019efficacit\u00e9 et la diversit\u00e9 des instruments et des m\u00e9thodes d\u2019observation tendent \u00e0 augmenter avec le temps. Certains instruments ou certaines m\u00e9thodes deviennent surann\u00e9s et sont remplac\u00e9s par d\u2019autres qui, de fa\u00e7on assez g\u00e9n\u00e9rale, auront une efficacit\u00e9 plus grande. En outre, certains moyens apparaissent qui touchent de nouveaux secteurs de la recherche et permettent de faire de nouveaux types d\u2019observation ou d\u2019exp\u00e9rimentation. Il existe, \u00e0 tout moment donn\u00e9, un degr\u00e9 de pr\u00e9cision des mesures d\u2019un certain type qui se trouve \u00eatre le meilleur possible \u00e0 ce moment.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On notera que la pr\u00e9cision des observations est limit\u00e9e par celle des unit\u00e9s de mesure. En g\u00e9n\u00e9ral, la pr\u00e9cision d\u2019un \u00e9talon quelconque \u00e9quivaut \u00e0 la valeur de la limite d\u2019observabilit\u00e9 effective pour un certain type de mesure.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La limite d\u2019observabilit\u00e9 effective peut \u00eatre d\u00e9crite comme une <em>ligne d\u2019observabilit\u00e9 effective <\/em>propre \u00e0 un moment (ou une \u00e9poque) de la recherche scientifique, ce qu\u2019on peut voir comme une interface, sorte de fronti\u00e8re, que les chercheurs ont atteinte gr\u00e2ce \u00e0 leurs outils les plus perfectionn\u00e9s du moment et qu\u2019ils cherchent constamment \u00e0 d\u00e9passer.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ainsi, une th\u00e9orie qui a toujours \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9e est susceptible d\u2019\u00eatre infirm\u00e9e par de nouveaux moyens d\u2019observation. Toutefois, comme l\u2019IP pr\u00e9vaut g\u00e9n\u00e9ralement de fa\u00e7on implicite, on tendra \u00e0 consid\u00e9rer les pr\u00e9dictions de la th\u00e9orie comme parfaitement exactes m\u00eame lorsque rien ne le prouve. L\u2019IP a souvent pour effet de pr\u00e9supposer que la th\u00e9orie est encore correcte au-del\u00e0 du domaine o\u00f9 elle a pu \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e exp\u00e9rimentalement et, parfois m\u00eame, bien au-del\u00e0 de ce domaine. En effet, si la th\u00e9orie pr\u00e9dit des ph\u00e9nom\u00e8nes qui sont en principe mesurables, mais qui ne le sont pas encore effectivement, on tendra \u00e0 pr\u00e9sumer qu\u2019elle est quand m\u00eame fiable. Une th\u00e9orie est ainsi g\u00e9n\u00e9ralement vue comme exacte m\u00eame si elle ne peut en pratique \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9e avec une pr\u00e9cision qui va au-del\u00e0 de la limite d\u2019observabilit\u00e9 effective. Et, si un \u00e9cart est observ\u00e9 par rapport \u00e0 la valeur calcul\u00e9e par cette th\u00e9orie, on envisagera d\u2019abord qu\u2019on puisse l\u2019attribuer \u00e0 des causes perturbantes quelconques. Le concept m\u00eame de la \u00ab\u00a0masse invisible\u00a0\u00bb, ou \u00ab\u00a0masse sombre\u00a0\u00bb, tire son origine de l\u2019IP<a id=\"ref-1\" href=\"#note-1\"><sup>1<\/sup><\/a>.\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Les extrapolations th\u00e9oriques<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019expression \u00ab\u00a0<em>extrapolation th\u00e9orique<\/em>\u00a0\u00bb sera utilis\u00e9e ici pour d\u00e9signer les valeurs des mesures calcul\u00e9es par une th\u00e9orie lorsque ces valeurs sont d\u2019une \u00e9chelle non accessible \u00e0 l\u2019observation effective ou que ces mesures portent sur des ph\u00e9nom\u00e8nes non effectivement observables. Par exemple, les th\u00e9ories astrophysiques sur l\u2019\u00e9volution des \u00e9toiles permettent de calculer certaines valeurs de densit\u00e9 et de temp\u00e9rature au centre des \u00e9toiles qui d\u00e9passent toutes les valeurs effectivement observables en laboratoire. Il s\u2019agit d\u2019extrapolations th\u00e9oriques qu\u2019on consid\u00e8re habituellement comme normales. Un autre exemple, d\u2019une autre port\u00e9e, est celui donn\u00e9 par le mod\u00e8le standard du big bang, qui permet de calculer les valeurs de densit\u00e9 et de temp\u00e9rature de l\u2019Univers \u00e0 ses premiers instants\u00a0; ces valeurs d\u00e9passent de loin tout ce qu\u2019on a pu observer en laboratoire jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Dans ce cas, il s\u2019agit de ce qui sera appel\u00e9 ici \u00ab\u00a0<em>extrapolations exc\u00e9dantes<\/em>\u00a0\u00bb \u00e0 partir des th\u00e9ories de base du mod\u00e8le. On admettra que les extrapolations exc\u00e9dantes sont en g\u00e9n\u00e9ral celles qui concernent des ph\u00e9nom\u00e8nes qui ne sont pas observables de fa\u00e7on effective, mais qui le sont peut-\u00eatre potentiellement, en consid\u00e9rant l\u2019avenir \u00e0 long terme.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Selon l\u2019INP, il faut consid\u00e9rer de fa\u00e7on critique les extrapolations th\u00e9oriques en g\u00e9n\u00e9ral et les d\u00e9signer comme telles et non, par exemple, comme des applications normales des th\u00e9ories. Il arrive, bien s\u00fbr, que certaines extrapolations m\u00e9ritent \u00e0 un certain moment d\u2019\u00eatre normalis\u00e9es, ce qui peut alors repr\u00e9senter une avanc\u00e9e scientifique importante.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>La non-limitation des moyens exp\u00e9rimentaux et th\u00e9oriques potentiellement disponibles<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On notera que, logiquement, le principe de limitation de l\u2019observabilit\u00e9 effective \u00e9quivaut \u00e0 un <strong>principe de <em>non-limitation<\/em> de l\u2019observabilit\u00e9 <em>potentielle<\/em><\/strong>. Cela d\u00e9coule directement des d\u00e9finitions donn\u00e9es ci-dessus de ce qui effectif et de ce qui est potentiel. Cependant, pour des raisons de commodit\u00e9, on pr\u00e9f\u00e8re insister surtout, ici, sur le principe de limitation afin d\u2019exploiter le concept de limitation observationnelle, qui permet de d\u00e9finir ensuite l\u2019extrapolation th\u00e9orique et qui permettra d\u2019exprimer par la suite plus simplement d\u2019autres \u00e9nonc\u00e9s th\u00e9oriques.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans le cas des outils th\u00e9oriques disponibles \u00e0 un moment donn\u00e9, il existe aussi une limitation des moyens effectifs, qui \u00e9quivaut, comme dans le cas observationnel, \u00e0 une non-limitation des moyens potentiels. Dans les deux cas, soit les cas observationnel et th\u00e9orique, on se trouve \u00e0 n\u00e9gliger le potentiel de d\u00e9veloppement futur, qu\u2019on r\u00e9duit \u00e0 ce qui est effectivement disponible.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comme les instruments et les proc\u00e9d\u00e9s exp\u00e9rimentaux, \u00e0 un certain moment de l\u2019histoire de la recherche, les moyens th\u00e9oriques effectivement disponibles sont limit\u00e9s. Ils sont limit\u00e9s en quantit\u00e9, soit notamment par la diversit\u00e9 des branches math\u00e9matiques et les vari\u00e9t\u00e9s des concepts, des mod\u00e8les math\u00e9matiques et des m\u00e9thodes de calcul, et en qualit\u00e9, soit notamment par la capacit\u00e9 de formuler rigoureusement les concepts et les th\u00e9ories, et la capacit\u00e9 de concevoir des structures math\u00e9matiques complexes et puissantes.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans le cas th\u00e9orique, comme dans le cas exp\u00e9rimental, il y aura fort vraisemblablement encore des d\u00e9veloppements importants, voire essentiellement originaux. De tout nouveaux mod\u00e8les et de tout nouveaux concepts math\u00e9matiques sont encore susceptibles d\u2019appara\u00eetre dans l\u2019avenir. Il convient, dans ce cas, de formuler ici plut\u00f4t un <strong>principe de <em>non-limitation<\/em> th\u00e9orique<\/strong>\u00a0:\u00a0\u00a0<\/p>\n<p><em>la recherche scientifique n\u2019est pas \u00e0 jamais \u00a0limit\u00e9e aux outils th\u00e9oriques actuellement existants mais, au contraire, elle est fortement\u00a0susceptible, \u00e0 long terme, d\u2019en d\u00e9velopper de tout nouveaux, qui seront de plus en plus efficaces pour rendre compte des observations qui auront \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es.<\/em>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce principe a pour effet de transformer notablement la perspective sur la recherche pr\u00e9sente ou future. Car il en d\u00e9coule que les th\u00e9ories \u00e0 venir sont fortement susceptibles de fournir des pr\u00e9dictions de plus en plus pr\u00e9cises et testables, et de modifier profond\u00e9ment la repr\u00e9sentation scientifique existante de la r\u00e9alit\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comme dans le cas des moyens observationnels, les moyens th\u00e9oriques se sont enrichis et complexifi\u00e9s de fa\u00e7on remarquable au cours des \u00e9poques de l\u2019histoire. Ainsi, par exemple, des math\u00e9maticiens de l\u2019antiquit\u00e9 ont d\u00e9velopp\u00e9 les concepts de la g\u00e9om\u00e9trie euclidienne et, plus tard, des math\u00e9maticiens modernes s\u2019en sont inspir\u00e9s pour d\u00e9velopper ceux de g\u00e9om\u00e9tries non euclidiennes. Certes, ils l\u2019ont fait \u00e0 deux mille ans d\u2019intervalle, mais une certaine continuit\u00e9 existe n\u00e9anmoins sous la forme de r\u00e9f\u00e9rences aux concepts et th\u00e9ories math\u00e9matiques ant\u00e9rieures. De m\u00eame, les conceptions classiques de l\u2019espace et du temps absolus ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 celles de la th\u00e9orie de la relativit\u00e9. Et l\u2019\u00e9laboration du calcul diff\u00e9rentiel, puis de l\u2019analyse, et celle de la th\u00e9orie des groupes ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la formulation des th\u00e9ories de jauge.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u00e8s lors, m\u00eame si l\u2019ensemble des outils th\u00e9oriques effectivement disponibles s\u2019est enrichi \u00e0 un point tr\u00e8s consid\u00e9rable au cours de l\u2019histoire, depuis les tout d\u00e9buts de la recherche jusqu\u2019\u00e0 nos jours, rien n\u2019autorise \u00e0 poser que ce d\u00e9veloppement historique est aujourd\u2019hui termin\u00e9 ni m\u00eame qu\u2019il est sur le point de se terminer. La recherche math\u00e9matique s\u2019av\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9poque actuelle au moins aussi productive et florissante que par le pass\u00e9. Il est donc plausible de supposer que le principe de non-limitation des moyens th\u00e9oriques effectivement disponibles continuera de s\u2019appliquer dans l\u2019avenir, \u00e0 court, \u00e0 moyen et, vraisemblablement, \u00e0 long terme.\u00a0<\/p>\n<p><strong><em>2. Le principe de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle, valable pour toute th\u00e9orie particuli\u00e8re ou tout <\/em><\/strong><\/p>\n<p><strong><em>principe particulier, y compris les principes de sym\u00e9tries<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le principe de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle, qui suppose l\u2019INP, s\u2019\u00e9nonce ainsi\u00a0:\u00a0<\/p>\n<p><em>Les th\u00e9ories et les principes en g\u00e9n\u00e9ral, incluant les principes de sym\u00e9trie, sont tous potentiellement r\u00e9futables, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019ils deviendront effectivement r\u00e9futables aussit\u00f4t que le d\u00e9veloppement des moyens observationnels le permettra.<\/em><\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce deuxi\u00e8me principe de limitation de la recherche scientifique est, \u00e0 certains \u00e9gards, le plus important des deux. On a l\u2019habitude de consid\u00e9rer que les th\u00e9ories physiques sont \u00ab\u00a0exactes\u00a0\u00bb dans le sens qu\u2019elles sont capables de pr\u00e9dire des r\u00e9sultats qui co\u00efncident \u00ab\u00a0exactement\u00a0\u00bb avec les r\u00e9sultats observ\u00e9s exp\u00e9rimentalement. Or, ce n\u2019est que d\u2019apr\u00e8s l\u2019IP qu\u2019on voit ce fait comme voulant dire que les th\u00e9ories physiques sont absolument exactes, de fa\u00e7on semblable \u00e0 celle des th\u00e9ories purement math\u00e9matiques. Cependant, d\u2019apr\u00e8s l\u2019INP, cette exactitude devrait \u00eatre comprise comme une <em>exactitude physique<\/em> et non pas <em>math\u00e9matique<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il n\u2019y a en fait co\u00efncidence exacte que jusqu\u2019\u00e0 un certain point seulement, qui est le degr\u00e9 de pr\u00e9cision de l\u2019observation effectu\u00e9e. La limitation de l\u2019observabilit\u00e9 effective est donc en cause ici. Et, comme celle-ci d\u00e9pend du temps de la recherche (puisque la pr\u00e9cision des instruments et des m\u00e9thodes de mesure tend \u00e0 s\u2019accro\u00eetre), la r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle des th\u00e9ories existantes, y compris les meilleures, est toujours susceptible de devenir une r\u00e9futabilit\u00e9 effective, c\u2019est-\u00e0-dire effectuable dans certaines conditions futures de la recherche.\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>La ligne de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle d\u2019une th\u00e9orie<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle d\u2019une th\u00e9orie (ou d\u2019une loi, ou d\u2019un principe) \u00e9quivaut \u00e0 une <em>ligne de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle<\/em> dont certains des points sont des points de r\u00e9futabilit\u00e9 effective, ou sont susceptibles de le devenir \u00e0 tout moment. Le mot \u00ab\u00a0ligne\u00a0\u00bb est utilis\u00e9 ici au sens d\u2019une interface pouvant comporter plusieurs dimensions. Ainsi, supposons qu\u2019\u00e0 une certaine \u00e9poque de la recherche, une th\u00e9orie pr\u00e9dit la position d\u2019un astre (selon les coordonn\u00e9es d\u2019espace et de temps admissibles par cette th\u00e9orie) et qu\u2019une observation est effectu\u00e9e avec les meilleurs instruments et les meilleures m\u00e9thodes disponibles \u00e0 ce moment du temps historique de la recherche. Une ligne d\u2019observabilit\u00e9 effective, qui est fonction de ce moment de la recherche, se superpose ainsi aux pr\u00e9dictions de cette th\u00e9orie. Les chercheurs concern\u00e9s sont en mesure de constater avec les moyens observationnels dont ils disposent si la pr\u00e9diction est confirm\u00e9e ou infirm\u00e9e \u00e0 ce moment. Cette ligne d\u2019observabilit\u00e9 tend \u00e0 se d\u00e9placer avec le temps du fait que la pr\u00e9cision des instruments progresse. C\u2019est pourquoi, si la th\u00e9orie r\u00e9ussit les tests \u00e0 un certain moment, elle peut les \u00e9chouer plus tard. Et, lorsque cela arrive, cela signifie que la ligne d\u2019observabilit\u00e9 effective est parvenue au niveau de la ligne de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle de cette th\u00e9orie et qu\u2019elle la d\u00e9passe en un de ses points.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut noter que, lorsqu\u2019on dit qu\u2019une th\u00e9orie a \u00e9t\u00e9 r\u00e9fut\u00e9e par un test exp\u00e9rimental, il s\u2019agit dans bien des cas d\u2019une fa\u00e7on impr\u00e9cise d\u2019exprimer ce qui s\u2019est produit. Certains pourraient conclure \u2013 trop vite \u2013 que la th\u00e9orie doit \u00eatre rejet\u00e9e. En fait, la th\u00e9orie peut demeurer en partie valide, du fait que sa ligne de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle n\u2019a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e que sur un point (ou peut-\u00eatre une portion) de sa longueur. C\u2019est pourquoi, par exemple, la th\u00e9orie newtonienne de la gravitation n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e apr\u00e8s les tests qui l\u2019ont prise en d\u00e9faut. On la consid\u00e8re encore comme valide dans beaucoup de situations, notamment en astronautique.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019INP consiste \u00e0 poser que toutes les th\u00e9ories existantes poss\u00e8dent une ligne de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle et, donc, que toutes les th\u00e9ories existantes sont ainsi limit\u00e9es intrins\u00e8quement et ce, jusqu\u2019\u00e0 preuve du contraire. Leur limitation est dite intrins\u00e8que, non en raison d\u2019une contradiction ou d\u2019une incoh\u00e9rence de leur formulation, mais parce que leur r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle d\u00e9coule de l\u2019incompatibilit\u00e9 partielle de leur structure avec la r\u00e9alit\u00e9 physique. Cette situation a pour effet qu\u2019on ne peut se prononcer sur la v\u00e9rit\u00e9 de la th\u00e9orie qui n\u2019a pas encore \u00e9chou\u00e9 de test exp\u00e9rimental et, en particulier, cela a pour effet qu\u2019on ne peut affirmer qu\u2019elle constitue une repr\u00e9sentation valable de la r\u00e9alit\u00e9 physique. Cela ne l\u2019emp\u00eache d\u2019ailleurs aucunement d\u2019\u00eatre, dans diverses fonctions, une th\u00e9orie utile \u00e0 la recherche ou \u00e0 diverses applications pratiques.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On pourrait objecter que cette limitation intrins\u00e8que des th\u00e9ories n\u2019est que \u00ab\u00a0potentielle\u00a0\u00bb et que, par cons\u00e9quent, rien ne prouve qu\u2019elle s\u2019applique \u00e0 une th\u00e9orie d\u00e9j\u00e0 valid\u00e9e plusieurs fois par l\u2019exp\u00e9rience. Il faut comprendre qu\u2019au contraire, la charge de la preuve est pour celui qui pr\u00e9tend qu\u2019une certaine th\u00e9orie est <em>d\u00e9finitivement la bonne th\u00e9orie<\/em> et qu\u2019il est donc inutile d\u2019en chercher d\u2019autres. Cette attitude devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme manquant de rigueur scientifique et comme nuisible \u00e0 la recherche.\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Le degr\u00e9 exact de pr\u00e9cision des th\u00e9ories de base est actuellement inconnu<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ce principe de limitation n\u2019a cependant pas du tout pour effet d\u2019invalider compl\u00e8tement les th\u00e9ories et les concepts, et encore moins d\u2019entra\u00eener l\u2019effondrement de la physique. Il faut le comprendre comme indiquant de fa\u00e7on constructive les d\u00e9fauts possibles ou probables des th\u00e9ories et des concepts qui ont cours dans la science actuelle. Il signifie d\u2019abord que le degr\u00e9 <em>exact<\/em> de pr\u00e9cision des th\u00e9ories de base reste encore \u00e0 d\u00e9couvrir.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ainsi, dans le cas de la th\u00e9orie gravitationnelle de Newton, la ligne de r\u00e9futabilit\u00e9 demeure encore inconnue en grande partie. Cependant une autre th\u00e9orie de la gravitation, celle d\u2019Einstein, permet de localiser une partie de cette ligne de r\u00e9futabilit\u00e9 et permet de comprendre pourquoi il y a l\u00e0 r\u00e9futabilit\u00e9<a id=\"ref-2\" href=\"#note-2\"><sup>2<\/sup><\/a>. Il importe de noter que la th\u00e9orie d\u2019Einstein partage avec celle de Newton une partie de sa ligne de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle (la partie qui correspond aux vitesses assez petites par rapport \u00e0 celle de la lumi\u00e8re pour que la diff\u00e9rence de pr\u00e9vision entre les deux th\u00e9ories soit n\u00e9gligeable). Par cons\u00e9quent, ni la th\u00e9orie d\u2019Einstein, ni aucune autre th\u00e9orie ne permet actuellement de localiser et de comprendre cette ligne sur toute sa longueur. Il n\u2019existe actuellement aucune <em>th\u00e9orie exacte<\/em> permettant de d\u00e9terminer le seuil de r\u00e9futabilit\u00e9 intrins\u00e8que des th\u00e9ories de base. Peut-\u00eatre une telle th\u00e9orie ne sera-t-elle jamais con\u00e7ue. On ne le sait pas.\u00a0<\/p>\n<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <em>Le cas de la m\u00e9canique quantique<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Certains pourraient \u00eatre tent\u00e9s d\u2019objecter ici que, dans le cas de la m\u00e9canique quantique, la limite de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle a \u00e9t\u00e9 reconnue et qu\u2019elle co\u00efncide en quelque sorte avec l\u2019ind\u00e9terminisme inh\u00e9rent au principe de r\u00e9duction du paquet d\u2019onde puisque celui-ci, dirait-on, introduit une limite \u00e0 la pr\u00e9cision des mesures et que cette limite est intrins\u00e8que. Or, l\u2019ind\u00e9terminisme quantique n\u2019\u00e9quivaut pas du tout, en fait, \u00e0 la limitation de r\u00e9futabilit\u00e9 potentielle. Les relations d\u2019ind\u00e9termination quantique, ou relations de Heisenberg, permettent seulement d\u2019en savoir davantage sur la limite de r\u00e9futabilit\u00e9 de la m\u00e9canique classique. Cependant la limite de r\u00e9futabilit\u00e9 de la th\u00e9orie quantique est encore tout \u00e0 fait inconnue.<\/p>\n<div><a title=\"2.2 C. Les limites endoth\u00e9oriques d\u2019observabilit\u00e9\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1705\">Suite<\/a><\/div>\n<div id=\"ftn1\">\n<p><a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a> La communaut\u00e9 des chercheurs tend en effet \u00e0 supposer que la contradiction des pr\u00e9dictions th\u00e9oriques dans les cas de certaines observations galactiques ou extragalactiques s\u2019explique par la pr\u00e9sence d\u2019une mati\u00e8re aux propri\u00e9t\u00e9s inhabituelles, la \u00ab\u00a0masse invisible\u00a0\u00bb. Toutefois Mordehai Milgrom (section 2.3, C, <em>2<\/em> de cette annexe) pense \u00eatre en mesure de r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la masse invisible en modifiant certaines des lois de base de la physique. La loi qu\u2019il propose est destin\u00e9e selon lui \u00e0 remplacer la loi newtonienne pour des acc\u00e9l\u00e9rations dont la valeur descend sous un certain seuil. <em>Cf.<\/em> M. Milgrom, <em>Astrophys. J.<\/em><strong> 270<\/strong>, 365 (1983)\u00a0; <strong>270<\/strong>, 371 (1983)\u00a0; <strong>270<\/strong>, 384 (1983).\u00a0<a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn2\">\n<p><a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a> \u00c0 partir d\u2019un certain moment (de l\u2019histoire de la recherche), on peut calculer pr\u00e9cis\u00e9ment la valeur de la vitesse telle que, pour toute vitesse plus grande, la th\u00e9orie newtonienne donne des pr\u00e9dictions qui s\u2019av\u00e8rent inexactes. Cela suppose que l\u2019on tienne compte non seulement de la th\u00e9orie d\u2019Einstein, mais aussi de la limite effective d\u2019observabilit\u00e9, c\u2019est-\u00e0-dire du plus haut degr\u00e9 de pr\u00e9cision possible \u00e0 ce moment. La ligne de r\u00e9futabilit\u00e9 de la th\u00e9orie newtonienne reste inconnue en grande partie, en fait, sur presque toute sa longueur. <a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"edit-link\"><a class=\"post-edit-link\" href=\"\">modifier<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La recherche scientifique se pr\u00e9sente globalement comme un d\u00e9veloppement historique ample, qui se poursuit sur des si\u00e8cles. Si on consid\u00e8re l\u2019\u00e9tat de la science \u00e0 un certain moment de l\u2019histoire, la recherche courante peut \u00eatre vue comme ce qui fait progresser la science&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1690,"menu_order":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1700"}],"collection":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1700"}],"version-history":[{"count":6,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1700\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1702,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1700\/revisions\/1702"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1690"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1700"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1700"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}