{"id":1775,"date":"2011-07-29T16:56:06","date_gmt":"2011-07-29T20:56:06","guid":{"rendered":"http:\/\/agoratheque.yprovencal.ep.profweb.qc.ca\/?page_id=1775"},"modified":"2014-04-07T16:39:02","modified_gmt":"2014-04-07T20:39:02","slug":"3-7-le-principe-de-realite","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1775","title":{"rendered":"3.7 Le principe de r\u00e9alit\u00e9"},"content":{"rendered":"<div>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le principe de r\u00e9alit\u00e9 est ici pos\u00e9 comme un principe fondamental de la science, qui doit \u00eatre ajout\u00e9 aux lois de base et au principe de r\u00e9duction de la m\u00e9canique quantique afin d\u2019en assurer la coh\u00e9rence avec l\u2019existence m\u00eame de la recherche. D\u2019apr\u00e8s la version orthodoxe de la m\u00e9canique quantique, les deux principes d\u2019\u00e9volution ne permettent pas de savoir ce qui se produit effectivement dans un syst\u00e8me ferm\u00e9 entre deux mesures puisque seules les mesures (ou les observations) sont des \u00e9v\u00e9nements effectifs. La formulation de la m\u00e9canique quantique ne pr\u00e9voit d\u2019autre r\u00e9alit\u00e9 effective que celle des r\u00e9sultats des mesures, si bien que la th\u00e9orie ne permet pas de savoir si d\u2019autres \u00e9v\u00e9nements que ceux des mesures ont une r\u00e9alit\u00e9 effective.\u00a0<\/p>\n<p><strong><em>\u00c9nonc\u00e9 du principe de r\u00e9alit\u00e9<\/em><\/strong><em> : tous les \u00e9v\u00e9nements du trajet effectif sont des \u00e9v\u00e9nements effectifs.\u00a0<\/em>\u00a0<\/p>\n<p>Il d\u00e9coule de l\u2019\u00e9nonc\u00e9 du principe qu\u2019entre deux mesures effectives, tous les \u00e9v\u00e9nements potentiellement r\u00e9els sont aussi des \u00e9v\u00e9nements effectifs. Ces \u00e9v\u00e9nements potentiellement r\u00e9els s\u2019interpr\u00e8tent, selon l\u2019approche des \u00ab\u00a0histoires consistantes\u00a0\u00bb, comme des \u00e9v\u00e9nements auxquels on peut assigner des probabilit\u00e9s<a id=\"ref-1\" href=\"#note-1\"><sup>1<\/sup><\/a>.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le principe de r\u00e9alit\u00e9 ne concerne pas particuli\u00e8rement les appareils de mesure ni les \u00eatres conscients. Il concerne tout l\u2019Univers en tant que potentiel r\u00e9el global. En d\u2019autres termes, lorsqu\u2019un \u00e9v\u00e9nement se produit effectivement quelque part, il se trouve \u00e0 affecter tout l\u2019Univers par le fait m\u00eame. Le principe de r\u00e9alit\u00e9 assure une perspective globalement plus coh\u00e9rente du r\u00e9el. Non seulement <em>nous<\/em> existons de fa\u00e7on effective, mais l\u2019Univers existe de fa\u00e7on effective et il a exist\u00e9 de fa\u00e7on effective avant <em>nous<\/em>. On ne peut arriver \u00e0 cette existence effective en se basant sur les seules math\u00e9matiques\u00a0et c\u2019est pourquoi il faut en faire un principe. L\u2019existence effective pass\u00e9e de l\u2019Univers ne peut \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e math\u00e9matiquement. Comme nous ne pouvons en faire d\u2019observations directes, il faut la poser en principe. Il en va de m\u00eame pour ce qui existe dans l\u2019Univers ailleurs que sur notre plan\u00e8te. Et c\u2019est la m\u00eame chose pour tout ce que nous ne pouvons observer de fa\u00e7on directe. En fait, le principe de r\u00e9alit\u00e9 s\u2019applique \u00e0 toute r\u00e9alit\u00e9 effective y compris \u00e0 celle que nous ne pouvons conna\u00eetre par d\u00e9duction ni par l\u2019observation directe, sans exclusion arbitraire. C\u2019est pourquoi la r\u00e9alit\u00e9 consciente des autres \u00eatres humains (ou des animaux dou\u00e9s de conscience) fait l\u2019objet du m\u00eame principe de r\u00e9alit\u00e9.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le principe de r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est qu\u2019en partie impliqu\u00e9 par le principe de coh\u00e9rence. Plusieurs formulations diff\u00e9rentes de ce principe sont \u00e9galement compatibles avec la coh\u00e9rence globale. Cependant la formulation qui est pos\u00e9e ci-dessus \u00e9chappe \u00e0 tout arbitraire. Ce sont tous les \u00e9v\u00e9nements dont on peut en droit calculer la probabilit\u00e9, y compris les micro-\u00e9v\u00e9nements, qui sont pos\u00e9s comme effectivement r\u00e9els et ce, m\u00eame s\u2019ils ne sont pas observables.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le principe de r\u00e9alit\u00e9 est <em>physico-cognitif<\/em>, ce qui signifie que ce n\u2019est pas un principe math\u00e9matique (ni physico-math\u00e9matique), c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019il ne peut \u00eatre exprim\u00e9 de fa\u00e7on enti\u00e8rement math\u00e9matique. Cela est, du moins, vrai d\u2019apr\u00e8s les connaissances actuelles en math\u00e9matiques. La caract\u00e9ristique physico-cognitive exprime la diff\u00e9rence entre ce qui est physiquement r\u00e9el et ce qui est simplement math\u00e9matique. \u00c0 la base de ce principe se trouve le concept de temps r\u00e9el.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le principe de r\u00e9alit\u00e9, que l\u2019on pourrait \u00e9galement appeler le principe d\u2019effectivit\u00e9, contredit plusieurs interpr\u00e9tations existantes de la m\u00e9canique quantique. De m\u00eame que l\u2019approche des histoires consistantes a pour effet d\u2019ajouter une contrainte \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation orthodoxe, notre approche, que l\u2019on peut appeler l\u2019<em>approche des histoires potentielles<\/em>, pose en outre que, parmi les histoires potentielles au d\u00e9part, l\u2019une d\u2019elles et une seule se r\u00e9alise effectivement. Celle-ci est constitu\u00e9e d\u2019une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements effectifs qui ne sont pas obligatoirement des \u00e9v\u00e9nements observationnels.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Comme, selon l\u2019interpr\u00e9tation orthodoxe, seuls les \u00e9v\u00e9nements observationnels sont r\u00e9put\u00e9s effectifs, les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9els non observationnels sont tous des \u00e9v\u00e9nements du trajet effectif qui ne sont pas n\u00e9cessairement eux-m\u00eames des \u00e9v\u00e9nements effectifs. Cela a d\u2019ailleurs sembl\u00e9 peu vraisemblable \u00e0 plusieurs physiciens, dont Erwin Schr\u00f6dinger, Enrico Fermi et Murray Gell-Mann. Schr\u00f6dinger, en 1935, a m\u00eame imagin\u00e9 son fameux paradoxe du chat pour d\u00e9montrer l\u2019absurdit\u00e9 de l\u2019approche qui tendait alors de plus en plus \u00e0 s\u2019imposer en m\u00e9canique quantique. En fait, ce paradoxe peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 en un paradoxe de l\u2019interpr\u00e9tation orthodoxe elle-m\u00eame, en tant qu\u2019applicable \u00e0 tout corps physique.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Gell-Mann a racont\u00e9 comment lui et Fermi, dans les ann\u00e9es 1950, se sont mis d\u2019accord pour traiter d\u2019absurde cette interpr\u00e9tation dominante de la m\u00e9canique quantique. Elle autorise par exemple \u00e0 penser que la plan\u00e8te Mars est \u00ab\u00a0r\u00e9pandue de mani\u00e8re diffuse sur toute son orbite\u00a0\u00bb sauf lorsque des humains la regardent. Cela \u00ab\u00a0semblait aussi stupide \u00e0 l\u2019un qu\u2019\u00e0 l\u2019autre<a id=\"ref-2\" href=\"#note-2\"><sup>2<\/sup><\/a>\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 En somme, d\u2019apr\u00e8s l\u2019interpr\u00e9tation orthodoxe l\u2019Univers lui-m\u00eame ne serait gu\u00e8re qu\u2019un \u00e9norme paquet d\u2019onde diffus. En effet, la plupart des \u00e9v\u00e9nements qui surviennent sur la plan\u00e8te Mars, et \u00e0 tous les autres endroits de l\u2019Univers o\u00f9 il y a des corps mat\u00e9riels, ne seraient pas effectivement r\u00e9els tant qu\u2019aucun humain ne serait dans les parages<a id=\"ref-3\" href=\"#note-3\"><sup>3<\/sup><\/a>.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La pertinence du principe de r\u00e9alit\u00e9 appara\u00eet dans un tel cas. Il implique que les \u00e9v\u00e9nements sur Mars ou \u00e0 tout autre endroit de l\u2019Univers, sont effectivement r\u00e9els tout comme les \u00e9v\u00e9nements terrestres. De plus, les \u00e9v\u00e9nements pass\u00e9s de l\u2019Univers, y compris ceux qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 l\u2019apparition de l\u2019\u00eatre humain, des blattes ou m\u00eame l\u2019apparition de la vie terrestre,\u00a0tous les \u00e9v\u00e9nements sur Mars ou ailleurs, qu\u2019ils soient ou non observ\u00e9s par qui que ce soit, sont tous effectivement r\u00e9els. De m\u00eame, le chat dans sa bo\u00eete est effectivement mort ou vivant m\u00eame avant qu\u2019on l\u2019observe. Le principe de r\u00e9alit\u00e9 nous dispense d\u2019avoir recours \u00e0 un quelconque artifice th\u00e9orique. Nul besoin de trouver une nouvelle sorte de ph\u00e9nom\u00e8ne physique ad hoc \u2014 l\u2019onde pilote ou la d\u00e9coh\u00e9rence par exemple \u2014 pour \u00eatre en mesure d\u2019\u00e9tablir que les autres personnes existent aussi bien que soi-m\u00eame (et pas seulement l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0ami de Wigner\u00a0\u00bb\u00a0!).\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par ailleurs, les physiciens qui n\u2019ont pas voulu d\u2019artifice ont fait face \u00e0 d\u2019autres difficult\u00e9s, encore plus embarrassantes. Ainsi, John Von Neumann a voulu montrer qu\u2019il fallait faire intervenir directement la conscience pour que l\u2019ensemble du formalisme quantique soit consistant<a id=\"ref-4\" href=\"#note-4\"><sup>4<\/sup><\/a>. Faire intervenir la conscience est en fait un moyen de poser implicitement un principe de r\u00e9alit\u00e9 partiel, selon lequel les \u00e9v\u00e9nements d\u2019observation (ou de mesure) se produisent effectivement dans un temps r\u00e9el, ce qui laisse entendre que sans conscience il n\u2019y a pas de r\u00e9alit\u00e9 effective. Comme le mot observation en physique (ou dans d\u2019autres sciences), l\u2019expression \u00ab\u00a0faire intervenir la conscience de l\u2019observateur\u00a0\u00bb prend naturellement le sens de l\u2019effectivit\u00e9. Le principe de r\u00e9alit\u00e9 poss\u00e8de l\u2019avantage de ne pas arbitrairement lier l\u2019effectivit\u00e9, ou le temps r\u00e9el, \u00e0 un type particulier d\u2019\u00e9v\u00e9nement.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Voyons comment von Neumann est arriv\u00e9 l\u00e0. Il faut savoir que, si la r\u00e9duction s\u2019effectue dans le syst\u00e8me quantique ind\u00e9pendamment de l\u2019appareil de mesure, cela contredit le formalisme quantique. Ainsi, si l\u2019on pose que l\u2019appareil subit lui-m\u00eame une telle r\u00e9duction plut\u00f4t que le syst\u00e8me observ\u00e9, alors ce n\u2019est pas consistant avec l\u2019id\u00e9e que cet appareil pourrait lui-m\u00eame, et en m\u00eame temps qu\u2019il mesure, \u00eatre observ\u00e9 par un humain ou qu\u2019il peut \u00eatre \u00ab\u00a0observ\u00e9\u00a0\u00bb par un autre appareil. Les solutions propos\u00e9es \u00e0 ce type de probl\u00e8me ont la plupart du temps consist\u00e9 \u00e0 stopper arbitrairement cet encha\u00eenement logique \u00e0 l\u2019appareil de mesure (Bohr), \u00e0 la conscience de l\u2019observateur (von Neumann), ou bien \u00e0 nier le terme m\u00eame de l\u2019encha\u00eenement, ce qui \u00e9quivaut \u00e0 r\u00e9duire la th\u00e9orie quantique \u00e0 la structure physico-math\u00e9matique qui est li\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9quation d\u2019onde (Everett). Ce sont toutes autant de fa\u00e7ons de poser un principe partiel de r\u00e9alit\u00e9 ce qui, du coup, restreint arbitrairement les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9ellement potentiels qui sont effectivement r\u00e9els.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nous posons au contraire que le syst\u00e8me observ\u00e9, l\u2019appareil de mesure et l\u2019observateur humain, sont tous effectivement r\u00e9els, et qu\u2019ils subissent, ou connaissent, donc tous et globalement les m\u00eames r\u00e9ductions de potentiel. Il y a, d\u2019apr\u00e8s le principe de r\u00e9alit\u00e9 une cha\u00eene d\u2019\u00e9v\u00e9nements effectifs qui se succ\u00e8dent dans le temps r\u00e9el.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il est cependant compr\u00e9hensible que certains physiciens tendent \u00e0 ne croire r\u00e9elles que les r\u00e9ductions qui affectent directement leur esprit, les autres r\u00e9ductions \u00e9tant ignor\u00e9es. Cette position est logiquement coh\u00e9rente. Toutefois elle \u00e9quivaut \u00e0 une esp\u00e8ce de solipsisme selon lequel l\u2019observateur individuel lui-m\u00eame existe effectivement, mais pas l\u2019ensemble des chercheurs, ce qui est intenable. Cette m\u00e9prise s\u2019explique pour au moins deux raisons. En premier lieu, les physiciens tendent \u00e0 croire que <em>toute<\/em> r\u00e9alit\u00e9 est enti\u00e8rement math\u00e9matisable, ce qui incite \u00e0 croire que la coh\u00e9rence math\u00e9matique (ou logique) suffit \u00e0 justifier physiquement une position sur ce qui est r\u00e9el. En second lieu, l\u2019humain peut apparemment, sans contradiction, croire que la conscience, la sienne, cr\u00e9e directement la r\u00e9alit\u00e9 de ce \u00e0 quoi il pense. Dans le cas de physiciens, cette tendance peut \u00eatre renforc\u00e9e par un principe de style empiriste selon lequel l\u2019observation la plus directe d\u2019un objet constitue une preuve n\u00e9cessaire d\u2019existence et m\u00eame qu\u2019elle suffit \u00e0 prouver l\u2019existence de l\u2019objet. En fait, la science est g\u00e9n\u00e9ralement plus exigeante en ce qui concerne les preuves v\u00e9ritables d\u2019existence effective. Ces preuves ne peuvent reposer sur l\u2019attestation d\u2019un seul humain et n\u00e9cessitent un processus de validation tr\u00e8s complexe dans le temps r\u00e9el.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le principe de r\u00e9alit\u00e9, qui est en m\u00eame temps un principe d\u2019effectivit\u00e9 r\u00e9ductionnelle, peut \u00eatre vu comme une g\u00e9n\u00e9ralisation du principe de r\u00e9duction. En m\u00e9canique quantique, le principe de r\u00e9duction du paquet d\u2019onde consiste \u00e0 poser l\u2019existence d\u2019un \u00e9v\u00e9nement effectif, qui est celui de la mesure. Le principe de r\u00e9alit\u00e9, pour sa part, consiste \u00e0 poser qu\u2019il y a une r\u00e9duction effective non seulement lors d\u2019une observation scientifique (ou lors d\u2019une observation personnelle, d\u2019apr\u00e8s certaines interpr\u00e9tations), mais \u00e0 chaque fois que le potentiel r\u00e9el global est r\u00e9duit par l\u2019effectuation d\u2019un micro-\u00e9v\u00e9nement physique.\u00a0<\/p>\n<div><a title=\"3.7.1 Application au paradoxe du chat\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=1780\">Suite<\/a><\/div>\n<p><a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a> Dans son article marquant de 1984, Robert B. Griffiths explique\u00a0comment l\u2019approche des \u00ab\u00a0histoires consistantes\u00a0\u00bb assigne des probabilit\u00e9s aux s\u00e9quences d\u2019\u00e9v\u00e9nements dans un syst\u00e8me ferm\u00e9 tout en consid\u00e9rant que l\u2019approche orthodoxe est inad\u00e9quate quand elle tente de d\u00e9crire ces \u00e9v\u00e9nements au moyen de fonctions d\u2019ondes. Ses termes sont tr\u00e8s clairs l\u00e0-dessus : \u00a0\u201cThe above principles [of orthodox quantum mechanics] do not specify what is happening inside a closed system during the time intervals between measurements, and here there are differences of opinion. One extreme is the agnostic one: quantum mechanics only predicts the results of measurements and says nothing about the system being measured. While Wigner is probably sympathetic to this point of view, von Neumann appears to take a more realistic position that \u03c8 can be used to calculate probabilities at any time, in the sense of what we have called the \u201cstandard statistical interpretation\u201d (Robert B. Griffiths, \u201cConsistent histories and the interpretation of quantum mechanics\u201d, <em>Journal of Statistical Physics<\/em>, <em>Vol. 36<\/em>, 1984, p. 257-258). Le graphe du potentiel se con\u00e7oit\u00a0aussi bien pour l\u2019un de ces deux points de vue que pour l\u2019autre (voir la section 2.7.7, sur le th\u00e9or\u00e8me de regroupement). Le principe de r\u00e9alit\u00e9 tranche toutefois en faveur de celui de von Neumann.\u00a0<a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a><\/p>\n<div id=\"ftn2\">\n<p><a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a> Voir Murray Gell-Mann, <em>Le quark et le jaguar. Voyage au c\u0153ur du simple et du complexe<\/em> (<em>The Quark and the jaguar. <\/em><em>Adventures in the simple and the complex<\/em>, 1994; traduction par Gilles Minot), Paris, Flammarion, 1997, p. 173.\u00a0Il ajoute \u00e0 ce propos que l\u2019interaction de Mars avec les photons du Soleil est \u00ab\u00a0partiellement responsable de la d\u00e9coh\u00e9rence des diff\u00e9rentes histoires \u00e0 gros grains du mouvement \u00ab\u00a0de Mars autour du Soleil\u00a0\u00bb (<em>ibid.<\/em>). La th\u00e9orie de la d\u00e9coh\u00e9rence se trouve ainsi \u00e0 impliquer une conception de la r\u00e9alit\u00e9 effective assez proche de celle qui est d\u00e9velopp\u00e9e ici, mais pour des raisons tout \u00e0 fait diff\u00e9rentes.\u00a0<a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p><a id=\"note-3\" href=\"#ref-3\">3<\/a> Roger Penrose va m\u00eame jusqu\u2019\u00e0\u00a0invoquer l\u2019\u00e9chec du \u00ab\u00a0programme SETI de F. Drake\u00a0\u00bb parce que celui-ci attesterait qu\u2019il y aurait peu d\u2019\u00eatres conscients dans l\u2019Univers, donc peu d\u2019\u00e9v\u00e9nements effectifs. \u00ab\u00a0Ce serait une image tr\u00e8s \u00e9trange d\u2019un univers physique \u00ab\u00a0r\u00e9el\u00a0\u00bb que celle dans laquelle les objets \u00e9volueraient de mani\u00e8re totalement diff\u00e9rente selon qu\u2019ils seraient ou non vus, entendus ou touch\u00e9s par l\u2019un de ses habitants conscients\u00a0\u00bb. Penrose \u00e9crit ces mots en pensant plus particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation d\u2019Eugen Wigner, mais celle-ci d\u00e9coule assez logiquement de l\u2019interpr\u00e9tation orthodoxe. Voir de Roger Penrose, <em>Les ombres de l\u2019esprit. \u00c0 la recherche d\u2019une science de la conscience<\/em> (<em>Shadows of the Mind. <\/em><em>A Search for the Missing Science of Consciousness<\/em>, Oxford University Press, 1994; traduction de Christian Jeanmongin), Paris, Inter\u00c9ditions, 1994,\u00a0p. 318.\u00a0<a id=\"note-3\" href=\"#ref-3\">3<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p><a id=\"note-4\" href=\"#ref-4\">4<\/a> John von Neumann, <em>Mathematical Foundations of Quantum Mechanics<\/em>, Princeton, Princeton University Press, 1955, Chap. VI: \u201cThe measuring process\u201d. <a id=\"note-4\" href=\"#ref-4\">4<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"edit-link\"><a class=\"post-edit-link\" href=\"\">modifier<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le principe de r\u00e9alit\u00e9 est ici pos\u00e9 comme un principe fondamental de la science, qui doit \u00eatre ajout\u00e9 aux lois de base et au principe de r\u00e9duction de la m\u00e9canique quantique afin d\u2019en assurer la coh\u00e9rence avec l\u2019existence m\u00eame de la recherche.&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1334,"menu_order":370,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1775"}],"collection":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1775"}],"version-history":[{"count":6,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1775\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1777,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1775\/revisions\/1777"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1334"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1775"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1775"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}