{"id":2034,"date":"2011-08-07T08:55:30","date_gmt":"2011-08-07T12:55:30","guid":{"rendered":"http:\/\/agoratheque.yprovencal.ep.profweb.qc.ca\/?page_id=2034"},"modified":"2011-08-07T09:07:20","modified_gmt":"2011-08-07T13:07:20","slug":"5-3-le-faux-concept-de-hasard","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/?page_id=2034","title":{"rendered":"5.3 Le faux concept de hasard"},"content":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les mutations seraient dues au hasard et m\u00eame l\u2019\u00e9volution des formes de vie seraient le fruit du hasard. La plupart des biologistes pr\u00e9sentent le principe explicatif du hasard comme s\u2019il \u00e9tait d\u00e9fini d\u2019abord de fa\u00e7on n\u00e9gative par opposition \u00e0 tout principe finaliste. Ils sous-entendent, en g\u00e9n\u00e9ral, que le hasard pourrait \u00eatre compris comme provenant des lois physiques de base. Par exemple, lorsqu\u2019on dit que les mutations se produisent au hasard, cela signifie qu\u2019elles r\u00e9sultent d\u2019interactions au niveau des mol\u00e9cules, des atomes ou des particules \u00e9l\u00e9mentaires. Or, il y a une contradiction entre le concept de hasard tel que ces biologistes le comprennent et le pr\u00e9suppos\u00e9 scientifiquement incontournable selon lequel tout \u00e9v\u00e9nement r\u00e9el r\u00e9sulte des lois de base.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par exemple, Stephen J. Gould d\u00e9finit le hasard comme le caract\u00e8re du changement \u00ab\u00a0sans direction d\u00e9termin\u00e9e\u00a0\u00bb. Il pr\u00e9cise ainsi ce qu\u2019il veut dire\u00a0:\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0je donne au mot \u201c\u00a0hasard\u00a0\u201d le sens qui fut longtemps le sien dans la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution\u00a0: il d\u00e9crit le changement qui appara\u00eet sans direction d\u00e9termin\u00e9e\u00a0[ce qui n\u2019est pas une]\u00a0m\u00e9taphore g\u00e9n\u00e9rale du chaos, du d\u00e9sordre ou de l\u2019incompr\u00e9hension<a id=\"ref-1\" href=\"#note-1\"><sup>1<\/sup><\/a>\u00bb.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Gould avait d\u2019ailleurs expliqu\u00e9, dans un autre de ses ouvrages paru quelques ann\u00e9es avant celui qui est cit\u00e9 ci-dessus, ce qu\u2019il entendait par l\u2019absence de direction d\u00e9termin\u00e9e. Alors qu\u2019il commentait ce qu\u2019\u00e9tait la variation g\u00e9n\u00e9tique dans le darwinisme actuel, il a \u00e9crit ceci\u00a0:\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0les darwiniens parlent de variation g\u00e9n\u00e9tique fortuite, \u201c due au hasard \u201d. C\u2019est un terme malheureux car nous n\u2019entendons pas par l\u00e0 le hasard au sens math\u00e9matique, c\u2019est-\u00e0-dire avec une probabilit\u00e9 \u00e9gale dans toutes les directions. Nous voulons simplement dire que les variations se produisent sans une orientation pr\u00e9f\u00e9rentielle dans le sens de l\u2019adaptation. Si la temp\u00e9rature s\u2019abaisse et qu\u2019une fourrure plus \u00e9paisse favorise la survie, les variations g\u00e9n\u00e9tiques dans lesquelles la fourrure s\u2019\u00e9paissit ne se produisent pas plus fr\u00e9quemment qu\u2019avant. La s\u00e9lection [\u2026] agit sur les variations <em>non orient\u00e9es<\/em> et transforme une population en aidant au succ\u00e8s de la reproduction des variantes avantageuses<a id=\"ref-2\" href=\"#note-2\"><sup>2<\/sup><\/a>\u00bb.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Ces propos r\u00e9v\u00e8lent le pr\u00e9suppos\u00e9 courant chez les biologistes selon lequel les lois physiques de base ne peuvent avoir de direction orient\u00e9e vers l\u2019adaptation. Or, nous pouvons voir que cela est erron\u00e9 pour deux raisons au moins. Premi\u00e8rement, le d\u00e9veloppement de l\u2019embryon d\u2019une forme de vie quelconque peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 en tant que processus mat\u00e9riel, donc physique. Pourtant il s\u2019effectue en direction des structures et des fonctions d\u2019une forme de vie adapt\u00e9e \u00e0 son milieu. Cela ne signifie pas, bien s\u00fbr, que les lois physiques expliquent en fait le d\u00e9veloppement embryonnaire ni l\u2019\u00e9volution biologique. Ce qu\u2019il faut dire ici est en toute rigueur que les lois de base de l\u2019Univers physique expliquent <em>en droit<\/em> tout ce qui se passe dans cet Univers, m\u00eame si elles ne peuvent en pratique servir \u00e0 expliquer que certains processus physiques pour lesquels les calculs ne sont pas trop malais\u00e9s \u00e0 effectuer.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 La deuxi\u00e8me raison montrant que les lois physiques peuvent impliquer une direction \u00e0 l\u2019\u00e9volution biologique concerne certaines propri\u00e9t\u00e9s particuli\u00e8res de notre Univers physique. Les physiciens savent que l\u2019Univers poss\u00e9dait au d\u00e9part les propri\u00e9t\u00e9s qui le rendaient apte \u00e0 produire des \u00eatres vivants et \u00e0 entretenir les conditions de leur \u00e9volution sur une longue dur\u00e9e. Par cons\u00e9quent, il n\u2019est pas absurde de dire que les lois de base ont orient\u00e9 l\u2019\u00e9volution physique puis, en tant que phase particuli\u00e8re du m\u00eame processus, l\u2019\u00e9volution biologique.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il semble que le malentendu repose au moins en partie sur une confusion entre le d\u00e9terminisme effectif et le d\u00e9terminisme probabiliste. Les biologistes ont raison d\u2019affirmer que les lois physiques ne peuvent d\u00e9terminer une direction \u00e0 l\u2019\u00e9volution biologique \u00e0 la condition, toutefois, de pr\u00e9ciser que ces lois ne peuvent d\u00e9terminer tout ce qui arrive <em>effectivement<\/em> dans l\u2019\u00e9volution. Toutefois ils auraient tort de pr\u00e9tendre que cela implique n\u00e9cessairement l\u2019absence de tout d\u00e9terminisme probabiliste. En fait, les lois physiques de base sont n\u00e9cessairement compatibles avec tout ce qui se produit dans l\u2019Univers \u00e9tant entendu qu\u2019elles ne peuvent le pr\u00e9voir que de fa\u00e7on probabiliste.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Cette discussion montre la pertinence de consid\u00e9rer les lois physiques de base y compris dans les processus consid\u00e9r\u00e9s comme relevant de la biologie. L\u2019\u00e9volution cosmologique de l\u2019Univers d\u00e9pend des conditions initiales, mais l\u2019\u00e9volution biologique sur l\u2019une ou l\u2019autre des plan\u00e8tes de cet Univers en d\u00e9pend aussi. Et cette \u00e9volution peut se d\u00e9rouler suivant une certaine orientation, qui d\u00e9pend des conditions initiales de l\u2019Univers. Une telle mise au point\u00a0entra\u00eene d\u2019importantes cons\u00e9quences sur la fa\u00e7on dont les chercheurs devraient consid\u00e9rer l\u2019\u00e9volution du vivant.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Revenons sur les affirmations de Gould en ce qui concerne le r\u00f4le du hasard dans l\u2019\u00e9volution. Toute adaptation d\u2019un organisme biologique, selon lui, doit \u00eatre attribu\u00e9e au hasard. Son discours suppose qu\u2019aucune direction, adaptative ou non, n\u2019\u00e9tait pr\u00e9vue au d\u00e9part. Or, nous l\u2019ignorons et, si nous voulons vraiment avancer dans notre compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9volution, nous devons faire des hypoth\u00e8ses \u00e0 ce sujet.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 \u00a0L\u2019exemple qu\u2019utilise Gould pour montrer l\u2019invraisemblance d\u2019une direction adaptative semble \u00e0 premi\u00e8re vue convaincant. Il serait bien s\u00fbr \u00e9tonnant qu\u2019une direction soit impliqu\u00e9e \u00e0 la base de telle sorte qu\u2019elle se traduise, en cas d\u2019abaissement des temp\u00e9ratures, par une probabilit\u00e9 plus grande de mutations g\u00e9n\u00e9tiques orient\u00e9es vers des fourrures plus \u00e9paisses. Une telle \u00e9ventualit\u00e9 est invraisemblable parce que ce serait comme si quelque chose (ou quelqu\u2019un) intervenait de l\u2019ext\u00e9rieur dans chaque cas. Cependant consid\u00e9rons la situation d\u2019un autre angle.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il n\u2019y aurait rien de scientifiquement inadmissible \u00e0 supposer que le fond complexe de l\u2019\u00e9volution globale ait favoris\u00e9 avec une certaine probabilit\u00e9 l\u2019existence d\u2019astres comme le Soleil ou d\u2019une plan\u00e8te comme la Terre. En d\u2019autres termes, il \u00e9tait inscrit dans les lois de base, combin\u00e9es aux conditions initiales de l\u2019Univers, qu\u2019\u00e0 un certain stade de l\u2019\u00e9volution globale, des \u00e9toiles se forment avec une certaine probabilit\u00e9 et qu\u2019il y ait, parmi elles, des \u00e9toiles r\u00e9ellement capables d\u2019irradier de l\u2019\u00e9nergie de fa\u00e7on stable pendant des milliards d\u2019ann\u00e9es. Ce type d\u2019\u00e9ventualit\u00e9 \u00e9tait <em>n\u00e9cessairement possible<\/em>. De m\u00eame, il \u00e9tait r\u00e9ellement dans le potentiel de cette \u00e9volution globale que des plan\u00e8tes comportant des saisons chaudes et des saisons froides, et dot\u00e9es d\u2019une atmosph\u00e8re et d\u2019une hydrosph\u00e8re, soient telles qu\u2019une vie sp\u00e9cialement adapt\u00e9es aux conditions de cette plan\u00e8te puissent r\u00e9ellement \u00e9voluer jusqu\u2019\u00e0 l\u2019intelligence animale et plus loin encore. Y avait-il l\u00e0 une probabilit\u00e9 r\u00e9elle plut\u00f4t faible ou plut\u00f4t forte que des animaux \u00e0 fourrure puissent appara\u00eetre sur de telles plan\u00e8tes\u00a0? Nous ne savons pas ce qu\u2019\u00e9tait au d\u00e9part cette probabilit\u00e9, mais nous pouvons au moins savoir que cette probabilit\u00e9 r\u00e9elle existait et qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait s\u00fbrement pas nulle.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 De m\u00eame, nous ignorons quelle \u00e9tait au d\u00e9part la probabilit\u00e9 r\u00e9elle que les plumages apparaissent par mutation ou que des formes de vie capables de voler apparaissent dans cette \u00e9volution.\u00a0Nous pouvons toutefois supposer que la probabilit\u00e9 de mutations favorables \u00e0 l\u2019apparition de fourrure ou de plumage devenait sans doute appr\u00e9ciablement \u00e9lev\u00e9e \u00e0 partir du moment o\u00f9 l\u2019on consid\u00e8re l\u2019\u00e9volution sur une dur\u00e9e suffisamment longue. De m\u00eame, la capacit\u00e9 de voler ou la capacit\u00e9 de d\u00e9velopper progressivement son intelligence \u00e9taient peut-\u00eatre pr\u00e9vues avec des probabilit\u00e9s r\u00e9elles appr\u00e9ciables compte tenu du nombre de lign\u00e9es animales o\u00f9 des \u00e9volutions en ce sens se sont amorc\u00e9es.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les biologistes qui comme Gould affirme l\u2019absence de toute direction \u00e0 l\u2019\u00e9volution adaptative ont donc moins raison qu\u2019ils ne le croient. Ce qu\u2019ils devraient dire est plut\u00f4t qu\u2019on ignore compl\u00e8tement la probabilit\u00e9 d\u2019apparition d\u2019un type organe ou d\u2019autres caract\u00e9ristiques, telles que la fourrure. Et il demeure possible que certaines caract\u00e9ristiques qui se sont r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u00e0 plusieurs reprises chez diff\u00e9rentes esp\u00e8ces aient \u00e9t\u00e9 plus probables que leur absence, du moins sur le long terme.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il arrive que des biologistes cherchent \u00e0 pr\u00e9ciser davantage que le l\u2019a fait Gould la signification de la notion de hasard. Par exemple, selon Antoine Danchin, le hasard doit \u00eatre pens\u00e9 comme une contingence en un sens scientifiquement pr\u00e9cis. Il explique d\u2019abord ainsi sa pr\u00e9f\u00e9rence pour le terme de contingence\u00a0: \u00ab\u00a0le hasard n\u2019a pas vraiment de sens\u00a0\u00bb du simple fait qu\u2019il existe \u00ab\u00a0des lois dont la forme rend la vie plausible<a id=\"ref-3\" href=\"#note-3\"><sup>3<\/sup><\/a>\u00bb. Il pr\u00e9cise ensuite le sens du \u00a0concept de contingence, comme \u00ab\u00a0la rencontre de deux s\u00e9ries causales pr\u00e9alablement ind\u00e9pendantes<a id=\"ref-4\" href=\"#note-4\"><sup>4<\/sup><\/a>\u00bb. Cette d\u00e9finition de la contingence (ou du hasard) ne permet toutefois pas davantage de nier que l\u2019\u00e9volution adaptative puisse comporter une orientation.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On peut d\u2019abord contester la possibilit\u00e9 m\u00eame de s\u00e9ries causales ind\u00e9pendantes. Il d\u00e9coule en effet de la m\u00e9canique quantique qu\u2019on ne peut d\u00e9tacher de fa\u00e7on exacte et consistante un \u00e9v\u00e9nement du reste de l\u2019Univers. Cependant la principale raison qui permet de contester la position des biologistes qui invoquent cette contingence (ou le hasard) est diff\u00e9rente. Si on consid\u00e8re un syst\u00e8me tel qu\u2019un embryon, les conditions initiales de ce syst\u00e8me impliquent avec une certaine probabilit\u00e9 que ce syst\u00e8me \u00e9voluera de fa\u00e7on progressive vers l\u2019\u00e9tat de maturit\u00e9 de l\u2019embryon. Il est clair que, dans ce cas, il n\u2019y a pas de s\u00e9ries causales ind\u00e9pendantes sauf, de fa\u00e7on approximative, au niveau des particules microscopiques ou subatomiques. En fait, si on essaie d\u2019observer par exemple une mol\u00e9cule de ce syst\u00e8me, on peut dire qu\u2019elle a un comportement plut\u00f4t al\u00e9atoire. En d\u2019autres termes, cette mol\u00e9cule jouera peut-\u00eatre un r\u00f4le dans le d\u00e9veloppement de l\u2019embryon, ou peut-\u00eatre sera-t-elle l\u2019une des mol\u00e9cules \u2014 car il y en a \u2014 qui, avec une certaine probabilit\u00e9, ne jouera aucun r\u00f4le dans ce d\u00e9veloppement. Elle peut aussi s\u2019\u00e9chapper du syst\u00e8me par excr\u00e9tion ou autrement ou encore jouer un r\u00f4le contreproductif (par exemple, une erreur de r\u00e9plication g\u00e9n\u00e9tique affectant la division cellulaire) qui, s\u2019il \u00e9tait le fait d\u2019un nombre suffisamment grand de mol\u00e9cules, aurait pour effet d\u2019entraver le d\u00e9veloppement de l\u2019embryon vers sa maturit\u00e9. Toutefois, si cet embryon est normal, ces mol\u00e9cules erratiques sont en relativement petit nombre et la probabilit\u00e9 que l\u2019effet contreproductif se produise est plut\u00f4t faible. On peut donc en conclure que les s\u00e9ries causales, dans ce type de syst\u00e8me, ne se rencontrent pas toutes avec des probabilit\u00e9s \u00e9gales. Au contraire, la probabilit\u00e9 est relativement grande que, dans l\u2019ensemble, les s\u00e9ries causales identifiables concourent toutes, avec une probabilit\u00e9 appr\u00e9ciable, \u00e0 faire progresser l\u2019embryon vers son t\u00e9los, qui est sa maturit\u00e9<a id=\"ref-5\" href=\"#note-5\"><sup>5<\/sup><\/a>.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 On pense souvent le hasard comme s\u2019il \u00e9tait ind\u00e9pendant des probabilit\u00e9s r\u00e9elles. L\u2019usage de ce mot comporte donc une forte dose de subjectivit\u00e9. Si on dit qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement est arriv\u00e9 \u00ab\u00a0par hasard\u00a0\u00bb, cela signifie qu\u2019on ne distingue pas le trajet r\u00e9ellement possible qui y a conduit. En g\u00e9n\u00e9ral, lorsqu\u2019on distingue ce trajet, on ne parle pas de hasard. Il faudrait donc, sans doute, insister davantage sur l\u2019importance de tenir compte des lois de base et ce, m\u00eame si cela ne semble pas pertinent \u00e0 son propre domaine de recherche.<\/p>\n<div><a title=\"5.4 Un bricolage ?\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=2039\">Suite<\/a><\/div>\n<p><a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a>\u00a0Stephen J. Gould, <em>Quand les poules auront des dents<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 390.\u00a0<a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a><\/p>\n<div id=\"ftn2\">\n<p><a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a>\u00a0Stephen J. Gould, <em>Le pouce du panda<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p. 88-89 (les italiques sont de Gould). <a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn3\">\n<p><a id=\"note-3\" href=\"#ref-3\">3<\/a>\u00a0Antoine Danchin, <em>Une aurore de pierre. Aux origines de la vie<\/em>, Paris, Seuil, 1990, p. 9-10. <a id=\"note-3\" href=\"#ref-3\">3<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn4\">\n<p><a id=\"note-4\" href=\"#ref-4\">4<\/a>\u00a0<em>Ibid.<\/em> Danchin reprend pour la contingence la d\u00e9finition qu\u2019Antoine Cournot a donn\u00e9e du hasard dans sa <em>Th\u00e9orie des chances et des probabilit\u00e9s<\/em> (chapitre II). Jacques Monod (que pourtant Danchin critique pour son utilisation du mot hasard) lui avait donn\u00e9 exactement le m\u00eame sens, c\u2019est-\u00e0-dire celui de Cournot (Cf. J. Monod, <em>Le hasard et la n\u00e9cessit\u00e9. Essai sur la philosophie naturelle de la biologie moderne<\/em>, Paris, Seuil, 1970, p. 127). <a id=\"note-4\" href=\"#ref-4\">4<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div id=\"ftn5\">\n<p><a id=\"note-5\" href=\"#ref-5\">5<\/a>\u00a0Les biologistes se m\u00e9prennent parfois sur le sens du probabilisme quantique. Ainsi, Jacques Monod \u00e9crit qu\u2019une mutation est \u00ab\u00a0en soi un \u00e9v\u00e9nement microscopique quantique [et donc] <em>essentiellement<\/em> impr\u00e9visible\u00a0\u00bb (J. Monod, <em>Le hasard et la n\u00e9cessit\u00e9<\/em>, <em>op. cit.<\/em>, p.129). Cette affirmation est ambigu\u00eb. Il est vrai que le probabilisme quantique est irr\u00e9ductible, mais cela ne signifie pas que l\u2019\u00e9v\u00e9nement quantique soit absolument impr\u00e9visible, puisqu\u2019il se r\u00e9alise avec une certaine probabilit\u00e9, conform\u00e9ment \u00e0 la th\u00e9orie. Par exemple, les mutations g\u00e9n\u00e9tiques ne sont pas impr\u00e9visibles si on les consid\u00e8re statistiquement, sur de longues p\u00e9riodes. <a id=\"note-5\" href=\"#ref-5\">5<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"edit-link\"><a class=\"post-edit-link\" href=\"\">modifier<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Les mutations seraient dues au hasard et m\u00eame l\u2019\u00e9volution des formes de vie seraient le fruit du hasard. La plupart des biologistes pr\u00e9sentent le principe explicatif du hasard comme s\u2019il \u00e9tait d\u00e9fini d\u2019abord de fa\u00e7on n\u00e9gative par opposition \u00e0 tout principe finaliste.&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1349,"menu_order":530,"comment_status":"open","ping_status":"open","template":"","meta":[],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2034"}],"collection":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2034"}],"version-history":[{"count":4,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2034\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2043,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/2034\/revisions\/2043"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/1349"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2034"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2034"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}