{"id":2554,"date":"2011-08-31T07:24:58","date_gmt":"2011-08-31T11:24:58","guid":{"rendered":"http:\/\/agoratheque.yprovencal.ep.profweb.qc.ca\/?page_id=2554"},"modified":"2011-08-31T09:00:06","modified_gmt":"2011-08-31T13:00:06","slug":"7-4-1-l%e2%80%99humain-et-la-nature","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/agoratheque.3zcom.com\/?page_id=2554","title":{"rendered":"7.4.1 L\u2019humain et la nature"},"content":{"rendered":"<p><strong>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 <\/strong>L\u2019emploi du mot <em>transfini<\/em> a ici pour but de d\u00e9signer la grandeur colossale du potentiel humain r\u00e9el qui, sans \u00eatre infinie au sens strict, n\u2019en est pas moins immense. Il y a tout lieu de croire que le potentiel r\u00e9el de l\u2019humain, comme celui de la vie ou celui de l\u2019Univers, est de cet \u00ab\u00a0ordre\u00a0\u00bb de grandeur, qu\u2019il vaut mieux appeler \u00ab\u00a0super-ordre de grandeur\u00a0\u00bb. Il en r\u00e9sultera ici, d\u2019abord, que l\u2019humain devrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un sous-produit de la <em>nature<\/em> (ou de l\u2019<em>Univers<\/em>), au m\u00eame titre que le reste du vivant\u00a0; l\u2019humain est <em>naturel<\/em> m\u00eame s\u2019il l\u2019est de fa\u00e7on toute sp\u00e9ciale. Surtout, la transfinit\u00e9 \u00a0nous servira \u00e0 exprimer ce qui \u00e9chappe encore \u00e0 la connaissance et \u00e0 la compr\u00e9hension de l\u2019humain par l\u2019humain.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le mot transfini partage avec l\u2019infini math\u00e9matique l\u2019id\u00e9e d\u2019une totalisation. L\u2019infini math\u00e9matique, depuis\u00a0l\u2019apparition du \u00ab\u00a0transfini\u00a0\u00bb de Georg Cantor, comporte une hi\u00e9rarchie de nombres infinis<a id=\"ref-1\" href=\"#note-1\"><sup>1<\/sup><\/a>. Auparavant, l\u2019infini \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9 comme n\u2019ayant aucune existence math\u00e9matique. On admettait seulement \u00ab\u00a0un infini potentiel\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire illimit\u00e9, sans borne assignable. Depuis Cantor, on s\u2019est habitu\u00e9 \u00e0 consid\u00e9rer l\u2019infini comme \u00e9tant multiple et comme \u00e9tant caract\u00e9ristique d\u2019ensembles totalis\u00e9s, tels que l\u2019ensemble des nombres entiers ou l\u2019ensemble des nombres r\u00e9els<a id=\"ref-2\" href=\"#note-2\"><sup>2<\/sup><\/a>.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 De m\u00eame, nous pouvons \u00e9tablir une hi\u00e9rarchie de super-nombres, tous finis, mais excessivement grands. \u00c9tant finis, ils sont <em>de facto<\/em> des totalisations. Et, comme pour les <em>aleph<sub>n<\/sub><\/em>, leur hi\u00e9rarchisation se pr\u00e9sente comme une op\u00e9ration nouvelle d\u2019abstraction. Les premiers de ces super-nombres, soit les super-nombres un et deux, correspondent \u00e0 ce qui est actuellement reconnu par la science comme grand nombre ou nombre astronomique. \u00c0 partir du super-nombre trois, nous naviguons sur un oc\u00e9an inconnu de concepts et d\u2019abstractions progressives. La puissance num\u00e9rique des potentiels r\u00e9els, y compris celle du potentiel humain, s\u2019y retrouve.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Le transfini doit \u00eatre distingu\u00e9 de l\u2019ind\u00e9fini ou de l\u2019infini. C\u2019est une autre sorte d\u2019insondable. Il caract\u00e9rise un r\u00e9el si diversifi\u00e9 et si riche que nous ne pouvons ni pr\u00e9dire, ni conceptualiser, ni m\u00eame imaginer ce qui, de ce r\u00e9el, pourra encore survenir.<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Nous posons ici que la <em>transfinit\u00e9<\/em> est une gradation de super-nombres. Ce nouveau concept sert \u00e0 expliquer la profondeur r\u00e9elle dans laquelle l\u2019\u00e9volution globale de l\u2019Univers s\u2019inscrit, et dans laquelle l\u2019humain s\u2019inscrit. L\u2019humain est un sous-produit de l\u2019\u00e9volution universelle. Il est un potentiel transfini, incorpor\u00e9 dans le potentiel transfini de la vie comme celui-ci est lui-m\u00eame incorpor\u00e9 dans le potentiel transfini de l\u2019Univers physique. Le potentiel de l\u2019humain est en ce sens \u00e9minemment <em>naturel<\/em>.\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u2019une certaine fa\u00e7on, l\u2019humain reproduit l\u2019Univers en lui-m\u00eame et, ce faisant, il personnifie l\u2019Univers qui se r\u00e9fl\u00e9chit en lui-m\u00eame. L\u2019humain diff\u00e8re du reste de la nature, il en diff\u00e8re m\u00eame profond\u00e9ment et de fa\u00e7on irr\u00e9ductible, mais <em>sa diff\u00e9rence est naturelle<\/em>. En effet, l\u2019humain a \u00e9merg\u00e9 de la vie comme la vie elle-m\u00eame a \u00e9merg\u00e9 de la mati\u00e8re. La diff\u00e9rence de l\u2019humain se comprend comme celle de la vie, bien qu\u2019elle ne s\u2019y r\u00e9duise pas. La puissance de l\u2019humain fait partie de la puissance globale des choses. L\u2019\u00e9volution biologique, selon d\u2019autres modalit\u00e9s que celles de l\u2019\u00e9volution physique, a produit \u00e9galement une grande richesse de formes. Et il en va de m\u00eame pour l\u2019humain. Son \u00e9volution s\u2019effectue selon d\u2019autres modalit\u00e9s mais elle produit une aussi grande richesse de formes. L\u2019humain est donc <em>naturel<\/em> de par sa propre \u00e9volution, de par sa diff\u00e9rence la plus essentielle et de par son propre potentiel de production et d\u2019innovation.\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0 <strong><em>Les diff\u00e9rences naturelles de l\u2019humain et de la vie<\/em><\/strong>\u00a0<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 D\u2019embl\u00e9e, l\u2019humain ne para\u00eet pas naturel\u00a0du tout. Ce qu\u2019il fabrique, invente ou institue n\u2019est, par d\u00e9finition, pas naturel. Tant de philosophes, ou de th\u00e9ologiens, ont insist\u00e9 l\u00e0-dessus qu\u2019il para\u00eet sans doute futile, voire frivole, de le nier. Aussi ne s\u2019agit-il pas de nier que l\u2019humain soit <em>diff\u00e9rent<\/em> de tout ce qui n\u2019est pas humain dans la nature. Il en est m\u00eame pr\u00e9cis\u00e9ment <em>tr\u00e8s<\/em> diff\u00e9rent. Il s\u2019agit plut\u00f4t de montrer que cette diff\u00e9rence profonde est elle-m\u00eame <em>naturelle<\/em>.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019Univers a produit une telle diff\u00e9rence. Il en avait d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 produit une, tout aussi incontestablement profonde. Car l\u2019Univers a produit la vie avant l\u2019humain. Or, celle-ci est \u00e9galement <em>tr\u00e8s diff\u00e9rente<\/em> de ce qui est d\u00e9pourvu de vie dans cet Univers. L\u2019humain a, depuis des mill\u00e9naires, d\u00e9montr\u00e9 cette capacit\u00e9 d\u2019aspect peu naturel de recr\u00e9er son environnement biologique, de d\u00e9couvrir et m\u00eame d\u2019inventer les plantes potag\u00e8res et les animaux domestiques.<\/p>\n<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Par ailleurs, d\u2019apr\u00e8s les principes physiques de stabilit\u00e9 mol\u00e9culaire, l\u2019ADN est une mol\u00e9cule instable et il ne devrait pas se conserver longtemps dans un environnement chimiquement actif. La mol\u00e9cule d\u2019ADN est en fait dou\u00e9e de caract\u00e9ristiques qu\u2019aucune autre mol\u00e9cule inorganique complexe ne poss\u00e8de, qui est celle de se r\u00e9pliquer de fa\u00e7on exacte au moyen d\u2019un code sp\u00e9cial. De fa\u00e7on peu physique, cette mol\u00e9cule semble pourtant avoir dur\u00e9 inalt\u00e9r\u00e9e depuis des milliards d\u2019ann\u00e9es, ce qui aura \u00e9t\u00e9 l\u2019une des conditions les plus essentielles pour lib\u00e9rer le potentiel d\u2019\u00e9volution biologique de la mati\u00e8re et de constituer ainsi toutes les esp\u00e8ces vivantes. En cela, elle <em>ressemble<\/em> en un sens profond \u00e0 l\u2019humain, qui a lui-m\u00eame servi de base \u00e0 l\u2019histoire tout en restant biologiquement le m\u00eame. L\u2019humain, comme la vie, devrait donc bien \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme pleinement naturel.<\/p>\n<div>\u00a0<\/div>\n<div><a title=\"7.4.2 La m\u00e9connaissance fonci\u00e8re de l\u2019humain par l\u2019humain\" href=\"http:\/\/mail.agoratheque.3zcom.com\/?page_id=2559\">Suite<\/a><\/div>\n<p><a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a>\u00a0Georg Cantor (1845-1916) a d\u00e9montr\u00e9, par exemple, que le nombre de nombres r\u00e9els R est un infini non d\u00e9nombrable. Comme le nombre de naturels N<em> <\/em>est un infini d\u00e9nombrable, cela signifie qu\u2019il \u00ab\u00a0existe\u00a0\u00bb, en un certain sens math\u00e9matique, diff\u00e9rents infinis tels que certains sont plus grands que d\u2019autres. Il montra, dans la m\u00eame foul\u00e9e, qu\u2019il \u00ab\u00a0existe\u00a0\u00bb tout une s\u00e9rie d\u2019infinis hi\u00e9rarchis\u00e9s, qu\u2019il appela \u00ab\u00a0les <em>aleph<sub>n<\/sub><\/em>\u00a0\u00bb (o\u00f9 <em>n<\/em> \u00e9gale 0, 1, 2, 3, \u2026). Ce type d\u2019existence math\u00e9matique a donn\u00e9 lieu par la suite \u00e0 une controverse. Nous pouvons interpr\u00e9ter cette existence comme \u00e9quivalente \u00e0 celle d\u2019un potentiel r\u00e9el, mais consid\u00e9r\u00e9 en soi, sans effectivit\u00e9. <a id=\"note-1\" href=\"#ref-1\">1<\/a><\/p>\n<div id=\"ftn2\">\n<p><a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a> Voir Jean Largeault, <em>L\u2019intuitionnisme<\/em>, Paris, Presses Universitaires de France, 1992, chapitre IV et en particulier p. 76. <a id=\"note-2\" href=\"#ref-2\">2<\/a><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"edit-link\"><a class=\"post-edit-link\" href=\"\">modifier<\/a><\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 L\u2019emploi du mot transfini a ici pour but de d\u00e9signer la grandeur colossale du potentiel humain r\u00e9el qui, sans \u00eatre infinie au sens strict, n\u2019en est pas moins immense. 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